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 histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie

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ethgri wyrda
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histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Empty
MessageSujet: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeSam 12 Avr - 1:13

Hello à tous!

Je reprends du service! et le service commence par rendre lisible ce que j'ai posté il y a des années qui ne me plaisait plus...

C'est sans doute assez proche, je ne sais pas, j'ai pas trop envie de comparer les deux après des heures de reprise de juste ce petit bout Confused

J'espère que ça vous plaira

je ne sais pas si je suis content de moi, mais je pense que c'est la version finale de ce petit projet qui me tient à coeur


Chapitre 1

La mort de l'une, la gloire de l'autre, et le départ des deux




III,1249,3,12









         Cela faisait bientôt deux jours que les nains étaient entrés dans la forêt d’Athel Loren, domaine des elfes sylvains. Guidés par les chemins changeants de ces bois enchantés, ils avaient finalement été embusqués sur les terres du Clan Du Datia Yawë.

         Depuis trois heures, les nains résistaient, encerclés, harcelés, et sans espoir. Ils bataillaient et mourraient par l’épée elfique, par les branches griffues des arbres et bien sûr par les tirs des archers embusqués autour de la clairière que commençaient à éclairer les timides rayons d’un jour jeune et déjà sanglant.

         « En avant !!!»

         Ce cri fut suivi d’un long silence. Les combattants des deux camps cherchaient à savoir qui, ami ou ennemi, allait surgir d’entre les arbres. Puis, toutes les plantes du côté sud de la clairière s’écartèrent d’elles-mêmes, formant un chemin pour le cortège qui avançait.

         Venait en tête Skölir Andlàt, le chef du clan, époux de la princesse Weldenmaëla, celle au long passé, et dont j’ai déjà conté les aventures. Elle le suivait de près, et son calme apparent tranchant avec la fureur vengeresse de son mari. Maudite par magie, elle ne devait sa vie qu’aux soins de la Reine Ariel. Malgré cela, tout effort pouvait lui être fatal. Depuis seize ans, elle évitait avec précaution ceux-ci. Malgré tout, ce jour-là, elle était venue: les nains brûleurs d’arbres profanaient les bois d’Athel Loren. Comme tous, elle était pleine de haine à leur égard.

         Le reste de la troupe était constitué de farfadets et d’elfes. Les capes de feuilles de ces derniers les faisaient ressembler au premier regard à des forestiers, discrets archers gardiens des bois. Mais leurs étranges mouvements, leurs longues lames reflétant l’aube rose pâle et leurs chants adressés à Loec, le dieu de la danse, ne laissaient que peu de doute. C’étaient des danseurs de guerre.
Malgré son jeune âge, Aiedail était venue participer au combat. La petite elfe dissimulait son visage derrière un masque rituel. Elle n’était personne d’autre que la fille des chefs du clan, et personne ne la savait là. Tous l’espéraient loin, à l’abri sous les voûtes du clan.

          Les danseurs chargèrent le cercle des porteurs de haches, et celui-ci fut très vite brisé. Les féroces artistes elfiques forcèrent leurs adversaires à une mêlée en un contre un, où ils excellaient. Les archers encore à couvert se joignirent au combat. Chaque nain s’attendait à retrouver ses ancêtres.

         Weldenmaëla s’apprêtait à réaliser ce destin funeste sur un jeune guerrier. Celui-ci souffrait de deux blessures infligées par les lames de la forestière. Dans un sursaut de colère, il se jeta en avant.
La vitesse du coup surprit l’elfe. Elle dut s’écarter avec toute la vivacité dont elle était capable pour éviter la hache mortelle du nain. Celui-ci, décapité au passage par l’esquive de sa cible, continua sa course en titubant sur quelques pas.

      Le regard de l’elfe se voila. Ses jambes flanchèrent. Son épée heurta le sol. Elle s’effondra. Sa maladie sapait ses forces aux pires moments.

         Depuis sa position, Skölir Andlàt vit au loin le danger qu’encourrait son épouse. Il fendit avec peine la mêlée pour la secourir. Plus loin, Aiedail vit son père courir vers le centre même de la mêlée. Elle comprit le danger qu’encourrait sa mère et s’élança vers elle, perdant de vue Skölir.

         Hélas, sur le passage du général elfique, un vieux nain profita du peu d’attention que celui-ci lui portait. Il enfonça son épée entre les côtes de l’elfe dès que celui-ci passa près de lui. Le chef du clan s’écroula, blessé à mort. Son meurtrier cria à la victoire, emplissant le cœur des siens d’espoir, et celui des elfes de crainte. Le combat tourna en faveur des brûleurs d’arbres. Les elfes commencèrent à reculer hors de la clairière.

         Au milieu du chaos provoqué par ce revirement de chance, Aiedail arriva près de sa mère. Celle-ci, inanimée, respirait encore. L’héritière la tira avec peine hors de la clairière, et prêta à nouveau attention au combat. Elle vit le désarroi des protecteurs d’Athel Loren, et le corps de son père quelques mètres plus loin. Elle pâlit d’effroi. La tristesse noya ses pensées. Une tristesse qui lui brûlait l’esprit. Une tristesse d’où émergea une colère sans nom. Saisissant au sol l’épée de sa mère, elle tira la sienne et releva son masque. Elle cria, tant aux elfes qu’aux nains :

         « Nous ne sommes pas vaincus, les chefs du clan se battent encore ! Revenez et vengez les notres! Apportez la mort !

        Elle courut vers les nains, ses deux lames tirées. Ses alliés la suivirent. Parmi eux certains criaient :

         –  L’héritière est au feu ! Sus ! Sus ! Protégeons-la ! Donnez-lui la victoire ! »

        Leur colère sans égale extermina les nains. Très peu demandèrent grâce, et aucun ne l’obtînt. L’héritière donna elle-même le coup fatal au chef des envahisseurs.

         De sa barbe, elle commença une grande cape blanche le soir même, en souvenir de la bataille, pendant que le couple royal était ramené sous les voûtes.




............*............*............*............


         Entre les immenses branches des chênes tombaient de fins piliers de clarté obliques se déplaçant au rythme du vent. Plus loin, coulait un ruisseau dans un lit peu profond bordé de mousses. Au milieu des arbres se dressait une étrange pierre sculptée, à moitié recouverte de lichen. La végétation autour du monolithe paraissait onduler, comme poussée par quelques irrégulières bourrasques magiques.

         Dans ce décor chantaient et tournoyaient des danseurs si vifs et agiles que l’on pouvait douter qu’il s’agît de créatures matérielles. Une musique douce et triste s’élevait de ce chœur mélodieux. Plusieurs animaux des bois s’étaient arrêtés pour les écouter. Çà et là voletaient des petits farfadets intangibles, ajoutant de timides touches de lumières bleues. Ces créatures sylvestres présentaient des formes variées et changeantes allant de l’araignée translucide au minuscule nuage de fumée.

         Sortant de la ronde des danseurs de guerre, un elfe marcha vers le plus sombre des chênes, son pas suivant le doux rythme de la musique de ses compagnons. Il leva la tête vers les ramures et demanda :

          « Pourquoi vous cacher, princesse ? Que faites-vous là-haut ?

         - J’écoutais vos chants, répondit la voix de la cheffe du clan, et ne souhaitais vous déranger ô Finiarel, dévot de Loec.

         - Étiez-vous simplement attirée par notre musique ?

         -Non, admit-elle. J’étais au départ venue pour une autre chose.

         - Pour pleurer avec nous la perte de nos compagnons tombés avant-hier ?

         Weldenmaëla descendit de l’arbre d’un saut. Finiarel la salua par un respectueux mouvement de tête. Dans son dos, ses mains battaient la mesure de la musique des autres danseurs. Ces derniers chantaient désormais plus lentement.

         - Je suis ici pour deux raisons, répondit la cheffe du clan. La première est de présenter mes excuses. Je me sens coupable de beaucoup de morts parmi les notres. Trop ont perdu la vie… et même mon…

         Elle marqua une pause, retenant avec peine ses larmes. Les danseurs baissèrent la tête et murmurèrent en cœur quelques notes tristes. La princesse essuya ses yeux humides du revers de sa main. Elle se maitrisa puis reprit d’un ton ferme :

         - Je veux réunir le clan à nouveau. Sonnez les cors et parcourez les sentiers. Il faut que les forestiers viennent, vous autres danseurs aussi. Même les dryades, si elles acceptent.

         - Est-il vraiment nécessaire de réunir le clan au complet ? Lors de l’intrusion des nains nous ne l’avions pas fait.

         - La présence de tous est importante, et les deux évènements sont liés. Il faut que tout le monde se rende au grand hall du clan dans les plus brefs délais.
         
         - Certains ne voudront pas revenir si tôt. Les forestiers par exemple…

         - Même eux viendront si on le leur demande. Faites-leurs comprendre qu’ils doivent être présent, aussi solitaires soient-ils. Faites vite. Je veux voir le clan rassemblé d’ici cinq jours.

         La princesse du clan salua les danseurs d’un geste de la main puis quitta la clairière, disparaissant rapidement entre les arbres. Finiarel resta pensif quelques instants, tachant de deviner quel était l’évènement majeur qui requérait de telles mesures. Les autres danseurs terminèrent leur poésie commune. Puis, leurs gestes et leurs déplacements accélérant lentement, Chacun d’eux prit une direction et ils partirent transmettre le message dans les collines d’Edur Edoc’sil.  L’un d’eux grimpa au sommet d’un grands pin et, une fois en haut, écarta soigneusement quelques branches, permettant à un rayon de soleil de glisser le long d’une corne d’argent. Celle-ci, encore à moitié cachée par la canopée, devait mesurer la hauteur de deux elfes, et ne dépassait que peu au sommet des arbres. Le son que l’elfe en tira raisonna pendant de longues secondes au-dessus des cimes, avant de s’éteindre dans un silence total.



............*............*............*............


         Weldenmaela tournait en rond dans la vaste salle presque parfaitement circulaire. Des rochers recouverts de symboles étranges et lumineux perçaient par endroits les murs de bois. À à peu près trois mètres au dessus du sol, le bois devenait écorce. On commençait un peu plus haut à distinguer la forme des racines entremêlées, qui en descendant s’unissaient pour former la voûte et les parois du hall. Il y a de cela quelques siècles, les elfes avaient sculpté ce hall par la magie dans un immense marronnier creux.

         De temps en temps, la cheffe du clan jetait un regard au ciel que l’on apercevait par plusieurs ouvertures dans le plafond de la salle. Depuis presque quatre cycles solaires extérieurs, les étoiles brillaient au-dessus de ces fenêtres.

         Weldenmaela perçut un mouvement venant de sa droite. Le mur s’écarta, telle une porte, laissant entrer un garde.

          « Madame, un envoyé de Dame Drihel est arrivé. Peut-il entrer ?

- Oui Hlaupa, mais restez près d’ici. Il pourrait être un changelin, on ne sait jamais…

- Bien Madame. »

         L’elfe sortit. Son visage n’avait pas une seule fois laissé paraître la moindre expression. Peu après entra un étrange individu. Il était assez grand, aux cheveux gris et au visage âgé mais dont les yeux laissaient deviner un esprit aiguisé et vif. Il tenait dans sa main gauche un long bâton de bois dont les deux bouts s’ornaient de pousses vertes et repoussaient en permanence. Le nouvel arrivant les arrachait presque par reflexe et les fourrait dans les nombreuses poches de son ample vêtement. Il accompagnait de grands gestes son débit de paroles :

         « -…enfin entrer, alors qu’il y a près de trois jours que je cherche votre clan. Pour quelle raison vous cachez-vous ainsi à moi ? Est-ce que j’ai l’air d’une dryade des bois sauvages ? Bon, alors pourquoi aucun forestier n’a daigné descendre de sa branche ? » Sans même s’interrompre, il fit un geste de salut protocolaire à la cheffe du clan « Je suis sûr que cela les amusait de me voir demander ma direction à chaque dryade, farfadet ou autre, hein ? J’en étais même réduit à interroger un écureuil !

         - et il a su vous répondre ? répondit la chef du clan en souriant faiblement, cela m’étonne beaucoup de ces timides là.

         - non, il n’a pas pu, mais je suis tombé par hasard sur un danseur qui a refusé de m’indiquer le chemin avant d’avoir fini sa chanson. »

          Le nouveau venu grommela encore un peu avant de se calmer. Il tira sur sa robe brune et se redressa. Plus calmement, il reprit :

         « - Mais je suppose que mes problèmes ne vous intéressent pas ?

         - Non, au contraire, vos histoires me font oublier un court instant mes tristes avenirs…

         - Oh, évidement…Je m’excuse de ne pas avoir commencé par ça… J’ai appris la mort de votre époux sur la route, je suis sincèrement désolé.

         - J’espère que son esprit ne va pas errer trop longtemps…

         - Je l’espère aussi, je le connaissais peu mais je crois que c’était quelqu’un de bien.

         - Il l’était.

         - L’avez-vous déjà enterré ? demanda le visiteur.

         - Son corps a été déposé de l’autre côté des pierres gardiennes comme il le voulait.

         - Courage ô Dame Weldenmaela.

         - Merci ô Mage Erisdar-Vodhr.

         Elle se recueillit quelques instants.

         - Vous avez appris la nouvelle sur la route, donc ce n’était pas la raison de votre venue. Avez-vous un message de Dame Drihel, notre suzeraine ?

         -  Non, c’est vous qui me faites venir. »

         Weldenmaela fronça les sourcils d’un air étonné. Elle chanta rapidement quelques mots elfiques chargés de magie courante. Le bois du sol frémit puis forma à côté d’eux deux chaises ouvragées. Erisdar-Vodhr remercia d’un mouvement de tête. Ils s’assirent.

         « Que voulez-vous dire ? reprit la cheffe de clan.

         - Et bien…commença le vieil elfe, il y a six, non sept jours, Vaete, la prophétesse, a perçu d’étranges futurs vous concernant. La jeune princesse Draya a elle aussi eu une vision.

         - Elle est bien jeune pour avoir déjà des dons de voyance… pensa tout haut Weldenmaela

         - Dans les deux cas, il était question de votre mort. Ainsi que de vos projets.

         - et bien, Dame Drihel ne peut tout de même pas m’empêcher de les mener à bien ! cria la chef du clan. Quant à ma mort, vous devez savoir qu’elle est certaine, et pour bientôt, ce n’est une prophétie pour personne ! Cria la chef du clan.

         - Personne à Tal Drost n’était au courant du meurtre de votre compagnon. Ni de la bataille. Ni même exceptés certains de vos crises et de votre malédiction, rétorqua calmement le vieil elfe.

         - Ils ont surement mieux à faire, ironisa la princesse.

         - Nul au grand hall de Cythral ne désire intervenir de quelque façon dans votre clan, sur vous ou vis-à-vis de vos pierres gardiennes : vous avez montré de nombreuses fois que vos forestiers et vos danseurs étaient aptes à surveiller les bois sauvages.

         - que faites-vous donc ici alors, tisseur de charmes ? Lui lança-t-elle sèchement.

         - Mais je viens avec vous, par Isha ! Vous aurez besoin d’aide pour atteindre votre destination, et je vous vois mal parcourir la forêt sans un guérisseur. Et si je me dis envoyé par Dame Drihel, c’est juste pour éviter de me faire exécuter par le premier garde des bois sauvage venu, ou pire par un de vos sauvages danseurs du dieu trompeur. »

         Plusieurs longues secondes passèrent avant que la cheffe de clan ne reprenne la parole :

         « Et pourquoi faites-vous cela ? La générosité n’est jamais la seule raison à vos actions. D’autant que je peux me constituer moi-même une escorte, et que nous disposons déjà ici de guérisseurs.

         - Disons que, répondit-il en souriant, pour vous avouer toute la vérité…j’ai des affaires à régler au nord avec un vieil ami. La route n’est pas totalement sûre ces derniers temps, les hommes-bêtes sont nombreux au nord. Et si je peux en effectuer au moins une partie avec vous, cela nous sera tous deux bénéfique. Et puis, vous connaissant, le voyage risque de ne pas se dérouler de façon… calme.

         - J’aimerais que ce soit le cas pour cette fois, sourit-elle tristement.

         - Et puis, il faudra quelqu’un pour rédiger de manière conventionnelle ce dernier voyage. »

         Disant cela, Erisdar-Vodhr jeta un regard de désapprobation aux runes de Loec peintes sur le bois des murs. La discussion close, Weldenmaela salua le tisserêve qui en fit de même. Il se retourna vers la porte de racines qui s’ouvrit à son approche. Au moment de la franchir, la cheffe du clan lui conseilla :

         « -vous devriez trouver un arbre où dormir en attendant le soleil : seules les étoiles savent comment passe le temps ici.

         -Merci pour ce conseil, mais je préfère rester près du sol si ça ne vous dérange pas. Je trouverai bien un abri ne vous inquiétez pas pour mes vieux os »

         Erisdar-Vodhr sortit de la salle et s’engagea dans l’escalier qui remontait vers la surface. Dès qu’il mit le pied sur l’humus, son bâton s’agita pour tenter de d’atteindre le sol et le sorcier, pestant, le prit sous le bras puis se remit en marche d’un bon pas pour sortir du village sylvestre.

         Aux abords des dernières lumières des habitations, il entendit quelque chose qui ressemblait à un sanglot et se dirigea vers la source du bruit. Se rapprochant, il remarqua une jeune elfe adossée à un arbre. Elle tenait dans ses mains du fil, une aiguille et une sorte d’étrange cape grossière en longs poils blancs. Elle ne sembla pas remarquer la présence du magicien, absorbée par son tressage malhabile. Son travail était coupé par ses grandes respirations à chaque fois que les larmes lui montaient aux yeux.

         - Vous êtes la princesse Aiedail n’est-ce pas ? demanda le sorcier.

         Celle-ci tressaillit, surprise, et essuya rapidement ses yeux humides d’un revers de bras. Levant la tête, elle répondit sur un ton encore tremblant :

         - Oui… c’est moi même, et vous qui êtes-vous … seigneur ? Vous me connaissez ?

         - je suis Erisdar-Vodhr, le tisseur de charmes. Je me souviens vous avoir aperçu il y a une dizaine d’années lors d’un voyage ici. Votre visage n’a pas trop changé.

         - C’est… euh… un honneur de vous accueillir à nouveau en ces collines seigneur… la protection de nos arcs et le fruit de nos chasses vous sont offert ; récita-t-elle.

         - Nul besoin de tant de formules de cours avec moi princesse. Je sais que votre père tenait à ce que vous appreniez les usages de Tal Drost mais…
Il s’interrompit. La jeune elfe entendant cette dernière phrase s’était mordu la lèvre pour ne pas fondre en larmes.

         - Oh… Excusez-moi princesse… Ma maladresse est impardonnable…je… Mes plus sincères condoléances…
Elle ne répondit pas et cacha son visage en tournant la tête. Le visiteur tenta alors de détourner la conversation :

         - Je vous ai interrompu tout à l’heure, excusez-en moi aussi… Vous tressiez quelque chose me semble-t-il…

         -Une barbe de nain.

         Sa réponse laissa Erisdar-Vodhr un bref instant interdit. Si la voix de la jeune fille n’avait pas changé, ses yeux s’étaient tournés vers son ouvrage avec une haine qu’il n’avait que rarement vu.

         - Je veux m’en faire une cape, ou quelque chose que je garderai toujours avec moi pour ne jamais oublier ce qu’ils ont fait.

         -La mémoire est une bonne chose, répondit le vieil enchanteur, elle rassure les morts comme les vivants. Elle stabilise nos vies et nos émotions en assimilant le présent à des souvenirs de choses qui se sont bien terminées. Mais oubliera-t-on plus vite les meurtriers ou les victimes ?

         -Je n’oublie rien ! Je…

         Elle marqua une longue pause alors qu’elle prenait conscience de ce que le sorcier venait de dire. Elle lança un regard à son œuvre encore inachevée.

         - Vous trouvez que cette cape est une mauvaise idée ? Demanda-elle d’un ton mal assuré.

          Erisdar-Vodhr ne prononça que le vieil adage Asrai : « les bonnes idées sont celles qui sauveront Athel-Loren », puis il partit chercher un endroit où dormir, laissant la jeune elfe à ses pensées.



............*............*............*............



         Le soleil avait fini par se lever. Les premières lueurs de son ascension animaient les sous-bois d’imprévisibles jeux de lumières. Les elfes arrivaient sur la place qui s’étendait au pied du grand arbre du clan. Quelques dryades s’avancèrent timidement entre les arbres. Bien qu’elles eussent pris pour la plupart une apparence amical, peu d’elfes vinrent lier conversation avec ces esprits sylvestres. La méfiance était de mise entre les deux groupes d’habitants des bois. Plusieurs nuées de farfadets voletaient entre les branches en faisant vrombir leurs ailes. Leurs pitreries et babillages incessants faisaient sourire les quelques personnes qui y prêtaient attention.

         Plusieurs elfes encapuchonnés sortirent d’entre les arbres. Reconnaissables à leurs capes reproduisant habilement les canopées, les forestiers n’étaient pas à l’aise entourés d’autant d’autres personnes. La plupart d’entre eux se tinrent à l’écart, adossés aux troncs qui bordaient la place. Pour passer le temps, certains se mirent à rapiécer leurs vêtements usés par une vie de patrouille dans la forêt.

         Les danseurs arrivèrent presque tous en même temps. Chacun d’entre eux arborait des tatouages élaborés et des cheveux aux couleurs éclatantes. Ils se regroupèrent rapidement en plusieurs cercles, souvent rejoins par quelques passants, et discutèrent des nouvelles du royaume sylvestre ou s’échangèrent chansons et poèmes. Les farfadets vinrent rapidement tourner autour d’eux.

         La matinée passa. Le soleil était presque au centre du ciel. La foule s’interrogeait sur la raison de ce rassemblement. Les évènements des derniers jours étaient dans tous les esprits, mais seules quelques personnes osèrent les mentionner, par respect pour les endeuillés. L’impatience gagnait peu à peu les elfes et les dryades.

         À cet instant, le grand arbre face à l’assemblée s’anima dans un craquement. Certaines de ses racines s’élevèrent et formèrent plusieurs arches alignées depuis le tronc. Un pan entier d’écorce se déforma et prit la forme d’une grande porte qui s’ouvrit.  Weldenmaëla, la princesse du clan, parut alors. Elle marcha jusqu’au centre de la petite foule, puis commença son discourt d’une voix claire :

         « bienvenue à vous tous, amis esprits et compagnons elfes. Vous devez vous demander ce qui se passe qui nécessite de réunir le clan ainsi que, elle se tourna vers les dryades, le conseil des esprits.

         Plusieurs personnes hochèrent la tête. La cheffe du clan poursuivit. Dans sa voix, la tristesse était évidente.

         -Même si notre grand ami Durthu m’a affirmé le contraire il y a de cela trente longues et belles années, je suis belle et bien maudite. J’apporte le malheur à tous ceux que j’approche et que j’affectionne. Les… évènements tragiques de l’embuscade ne vous sont pas inconnus ; ils ont montré que cette malédiction est réelle.

         Une rumeur courut sur la place. Quelques elfes dans le premier rang hésitèrent à reculer. Weldenmaëla n’y prêta pas attention.

         - Le dernier combat a aussi prononcé ma condamnation à mort. Les tisserêves sont formels. D’ici moins d’un an, ma vie sera soufflée par le destin. »

         La foule resta un instant interdit face à la nouvelle. Des cris et des sanglots se firent entendre. Plusieurs elfes tombèrent à genoux, implorant la déesse Isha. Quelques voix interpelèrent la cheffe du clan. Celle-ci demanda le silence d’un geste, et reprit la parole :

          « je ne souhaite désormais qu’une chose : trouver le moyen de vous éviter, à vous, membres du clan Du Datia Yawe, le sort fatal. J’espère avoir pris la bonne décision : j’ai décidé d’aller finir ma vie ailleurs, et d’éloigner d’ici la mort. Merci pour tout. Que Loec vous garde. »

         Tous les regards étaient fixés sur la princesse du clan. Ses dernières paroles n’étaient la cause que de la moitié de la stupeur générale : Weldenmaela se transfigurait : sa peau devenait de plus en plus ocre. Çà et là apparaissaient sur son corps les formes de feuilles diverses. Un coup de vent traversa le sous-bois et l’elfe disparut brutalement. Les feuilles d’automne qui la composaient furent emportées entre les arbres. Il y eut un grand moment de silence avant la première réaction des habitants des bois.

         Nombre d’entre eux pleurèrent. Une partie des danseurs coururent chercher l’héritière du clan dans l’arbre des chefs, mais ne la trouvèrent pas. Pas plus que la guérisseuse du clan. Quelques elfes prirent la plume le soir même et mirent sur papier ce qu’ils savaient de leurs chefs disparus.

         Ainsi partit Weldenmaëla, cheffe du clan Du Datia Yawe, elfe des bois Cythral dans le sud d’Athel Loren.


............*............*............*............



         Finiarel courait. Ou plutôt il sautait, avec la démarche intrigante propre aux danseurs de guerre. Ses cheveux noirs profonds assez courts volaient au vent. À ses côtés avançait une dryade qui, chose étrange pour son espèce, tenait à la main une lance qui semblait de facture elfique. Elle avait pris la forme d’une jeune elfe, mais restait reconnaissable à ses couleurs végétales et à ses cheveux faits de feuilles de saule.

         Tous deux avaient quitté la place peu après la disparition de la chef du clan. Les deux êtres étaient sensibles à la magie de l’ombre, la magie des illusions.  Ils avaient chacun de leur côté pu suivre la trace de l’enchantement qui avait tant surpris le clan avant de se rencontrer et de poursuivre leurs recherches ensemble. Plus ils avançaient, plus le temps effaçait la trace magique, et plus il leurs fallait se fier à leur instinct.

         Au moment où ils pensaient devoir retourner aux halls, l’esprit sylvestre sentit une bourrasque. Ce souffle n’était pas ordinaire, elle seule semblait le ressentir. Elle s’arrêta et s’écria « Ghyran !», du nom du vent magique de la vie. La dryade changea de direction et reprit sa course au milieu des arbres, suivit par son compagnon qui peinait à la suivre. Cette magie enivrait l’esprit des bois, mais lui ne sentait rien.
Suivant cette nouvelle piste, ils arrivèrent après plusieurs minutes sur un petit plateau dégagé et parsemé de quelques rochers. Les arbres arrivaient tout juste au sommet. Au milieu d’un cercle de pierres, ils remarquèrent leur princesse assise en tailleur. A côté d’elle, Ignasia, la tisserêves du clan, récitait les derniers mots d’une invocation de soin sous le regard attentif d’Aiedail. Debout sur un rocher, Erisdar-Vodhr grommelait, entouré par un petit groupe de mulots. A la vue des arrivants, il dernier se leva et marcha rapidement vers eux :

         «  Bienvenue, qui que vous soyez. Vous aussi vous êtes du clan ? Fort bien. J’ignore qui vous êtes, mais vous venez avec nous, nous allons avoir besoin de beaucoup de monde si nous voulons arriver à destination en entier. Vous êtes prêts pour un long voyage j’espère ? Peu importe, ce qu’il vous manque, nous le trouverons en route. Ne vous attendez pas à ce que la route soit calme, nous allons au Nord, et les chemins ne sont pas…

         - Excusez-moi, le coupa le danseur. Malgré le culte qu’il vouait au dieu des intrigues, se perdait dans ce flot de paroles. Je ne sais même pas ce que nous faisons là. Nous avons suivi le sortilège pour retrouver Dame Weldenmaëla. Qu’était cette illusion ?

         Le sorcier s’appuya sur son bâton le temps de détailler les deux arrivants. À ce moment-là seulement, il se rendit compte que l’un d’eux était un adepte de Loec. Il se retourna alors légèrement, essayant de prendre un air de mépris presque ridicule, ne répondant que par un « Hé hé » qu’il voulait énigmatique. Weldenmaela se leva et s’approcha pour leurs répondre :

          - Il vaut toujours mieux entreprendre quelque chose sous le signe du dieu de la tromperie, et je pense que Loec a apprécié ma disparition. Nous aurons grand besoin de sa bénédiction, d’autant qu’Isha semble m’avoir abandonné.

          - Où allez-vous ? demanda un peu brusquement la dryade.

          -Etrechea, fille du saule, je m’en vais mourir où je suis née : sur l’ancien domaine de mon premier clan, Mont-des-Chants, là où le fleuve Grismerie caresse Fyr Darric. Libre à toi de venir ou de repartir, mais sache que ceux qui viennent avec moi risquent surement leur vie, et bien que j’apprécie votre compagnie à tous, je ne la désire pas, pour votre propre bien.

          - Pourquoi ne voyagez-vous pas seule alors ? Demanda Finiarel.

         -  Le mage Erisdar-Vodhr nous quittera en chemin. Quant à Igniasia, j’ai besoin de sa magie pour aller au bout de ce voyage.

          - Dame Weldenmaëla, c’est un honneur pour moi que de vous suivre. Votre maladie est bien réelle, mais je ne crois pas à votre malédiction ; intervint la tisserêve.

         - J’ai hélas trop vécu pour encore en douter… murmura Weldenmaëla.

          - Et votre fille ? Questionna encore le danseur, cette fois avec une pointe d’accusation dans la voix.
La cheffe du clan se raidit et jeta un regard à Aiedail. Celle-ci, un peu plus loin, scrutait la forêt, semblant de pas prêter attention à la discussion.

         - Elle...elle ne peut plus vivre ici. Reprit la Princesse d’un ton hésitant. Skölir est mort, moi je le serai bientôt… elle ne peut pas encore diriger le clan. Les intrigues politiques de Tal Drost, le souvenir de la bataille...  Il y a beaucoup trop de choses contre elle ici. Il y a Fyr Darric, le royaume de Loec au nord, de la joie, de la musique… elle y sera mieux là-bas qu’ici.

         -  Alors permettez-moi de venir aussi. Je suis jeune, et je n’ai jamais rien vu du reste de la forêt. Et je rêve de voir Fyr Darric ! Je pourrai aussi servir votre fille là-bas. Dit Finiarel, les yeux brillants. Et je pourrais aussi servir de chroniqueur de notre voya…

         - Votre épée est la bienvenue, mais ma plume et mon encre s’occuperont du récit, le coupa le sorcier, appuyé par les cris des petits rongeurs qui l’entouraient.

         Le danseur de guerre ne releva pas et offrit son sourire le plus hypocrite au vieux mage qui reprit son air hautain. Ignasia, qui s’était approché, demanda à Etrechea :

         -Et vous, amie dryade, voudriez-vous agrandir notre groupe de voyageurs jusqu’au nombre faramineux de huit ?

         Après un court instant de réflexion, l’esprit des bois répondit :

         - je suis moi aussi très jeune, à peine cent vingt solstices d’automne, mais j’estime moi aussi être de mon devoir de vous suivre : il serait injuste que nos autres, esprits des bois, nous ne soyons pas représentés dans votre compagnie.  

         -Merci infiniment, s’inclina Weldenmaëla. J’espère que vous ne faites pas là un choix funeste, mais je suis heureuse de ne pas entreprendre ce voyage seule.

         - Vous avez dit être six sans nous ? s’interrogea Etrechea. Où sont les derniers ?

         - Ils sont partis chasser pour le dîner, répondit Ignasia. Les légumes secs et le pain ne suffisaient pas à nous nourrir tous parait-il. Une pointe de désapprobation teintait sa voix.

         - Les voilà. Leur cria de loin l’héritière du clan.

         Deux elfes arrivèrent sur le plateau, tenant chacun un lapin à la main. Le premier arrivant, Wyrdfell, cachait le haut de son visage sous une capuche vert sombre recouverte, comme sa cape, de feuilles. Son compagnon, Hlaupa, n’avait lui pas suivi la voie du forestier. Il arborait une longue chevelure or et portait des vêtements bien plus clairs. Il apportait quelques champignons dans un pan de sa cape pour accompagner le repas.

         Huit compagnons se mirent donc en route le lendemain à l’aube sur les chemins du nord.




Ancienne version:
 

_________________
Ennemis de Loren
Retiens cette morale
Sache que notre haine
Pour toi n'a pas d'égale

Tes nombreux congénères
Se sont tous fait tuer
Et bientôt en enfer
Tu vas les retrouver
             

                   Ethgrì-Wyrda


Dernière édition par ethgri wyrda le Dim 17 Mar - 18:46, édité 9 fois
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histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Empty
MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeMar 6 Mai - 1:17

Chapitre 2 
En longeant les bois sauvages
III,1249,3,17
 


           Après quatre jours de marche, le vent chuta brusquement et le froid se fit moins rude, signe que le groupe quittait Edur Edoc’sil. Cet ensemble de collines et de basses montagnes qui fermait Cythral au sud n’avait jamais eut d’autres allégeances que celles des lointaines couronnes des seigneurs et dames d’Atylwyth et de Cythral. Dans ces régions dangereuses, on raconte –à raison- que ces territoires sont bien plus grands pour ceux qui quittent les Terres Prisons que pour ceux (plus rares) qui s’y rendent. Si cela est nécessaire pour assurer la défense des elfes, permettant à la garde éternelle d’intercepter les esprits fous avant Atylwyth, cela ne facilitait pas la marche de la compagnie.

            Celle-ci se mit ensuite en route vers Tal Drost, plus au nord, en évitant le plus possible les rares halls mineurs de la région de crainte d’être pris pour une troupe de changelins. Le groupe avançait à bonne allure, même si Erisdar-Vodhr devait demander de l’aide à ses compagnons (tout en refusant résolument l’aide de Finiarel) pour retirer son bâton du sol après chaque halte. Bientôt, la végétation se fit plus dense, le ciel moins visible à travers les feuilles mais surtout, signe que des esprits maléfiques étaient passés là, les enchantements qui liaient les lanceurs de sorts à la foret se faisaient plus faibles. La compagnie continua néanmoins sa route, non sans redoubler sa surveillance.

            Le soir venu, les neuf voyageurs firent halte près d’un ruisseau qui avait creusé son chemin entre deux buttes de terre. Pendant qu’une partie du groupe était partie chasser, l’autre préparait le campement. Ignasia s’approcha de Wyrdfell qui montait la garde un peu plus haut :

            « - il y a quelqu’un … des esprits mauvais…

           -je le sais, murmura à mi voix le forestier, cela fait quelques temps que je les observe là-bas, mais silence, ils ne nous ont pas encore trouvés, et avec de la chance, nous pourrions éviter le combat.

            La magicienne s’approcha et crut discerner dans l’ombre des formes mouvantes. Pendant un moment, les deux elfes scrutèrent la foret en silence lorsque ce dernier vola en éclat : des bruits de guerre raisonnaient dans la foret. Wyrdfell cria :

           -Les autres attaquent !

            Il tira une flèche et courût  vers le lieu du combat, suivi par Ignasia,, Erisdar-Vodhr qui tirait son bâton du sol, et Hlaupa qui avait sauté à cheval.
 
            Un instant plus tard, les quatre elfes eurent une vision précise du combat : Finiarel recevait la charge d’une dryade, mais huit autres cernaient les chasseurs pendant que Weldenmaela et sa fille encochaient une nouvelle volée de flèches.

            Un craquement de bois rauque attira l’attention de tous lorsqu’une masse sombre de bois morts se dirigea vers le danseur. Un trou dans le feuillage laissa passer un des derniers rayons de lumière du soir, montrant la créature dans tout son horreur: un amas d’écorces noirs attachés entre elles par d’étranges filaments translucides au milieu desquelles perçait un unique point brillant là où l’on devinait un front. Avec un sifflement de haine, Etrechea se jeta sur la créature et personne n’osa approcher de leur lutte féroce, tant la haine des deux esprits semblait destructrice. A ce moment, Weldenmaela voulut percer une dryade de sa lame. Son premier pas était ferme, mais dès le second, elle vacilla, et tomba à genou au troisième, à nouveau frappée par la magie. Voyant cela, sa fille vint se placer au dessus d’elle et les dryades qui approchaient étaient tuées d’un coup de taille avant d’avoir pu faire un geste.

            D’autres dryades faisaient irruption sur le champ de bataille, mais elles étaient immédiatement abattues par les flèches du forestier qui venait d’arriver dans le vallon, décochant trait sur trait tout ou en avançant vers la mêlée. Les sorciers, quand à eux,  se rapprochaient toujours du combat, mais la magie de la tisserêve était trop lointaine pour soutenir la chef du clan. La magicienne avait néanmoins fort à faire pour aider l’hamadryade amie dans sa lutte : Etrechea peinait sous les coups du lémure sauvage, et chaque assaut du monstre n’était esquivé que de justesse. C’est alors que, d’un geste brusque, celui-ci jeta son adversaire à terre, et Finiarel qui s’était porté à son secours n’eut que le temps de faire un saut en arrière avant que la créature n’écrase le corps inanimé de la dryade pendant que raisonnaient les pas d’un autre monstre qui s’approchait. ...



............*............*............*............
 


 
            Etrechea sentit une main sur son épaule. Elle resta un instant immobile, avant de commencer à se relever. Dés qu‘elle fut à genoux, la main quitta son épaule et la dryade se rendit compte que le contacte était empli de magie. Elle tourna la tête et vit la tisserêve courir un peu plus loin tout en psalmodiant des enchantements. Un cri retenti alors et l’esprit sortit de sa torpeur : le combat, le monstre de cythral, la masse sombre, ses côtes d’écorce qui craquaient…
  
          D’un bond, elle se mit sur ses pieds, et elle se rua vers la mêlée qui faisait encore rage, dépassant la magicienne et usant de sa propre magie pour finir de restaurer sa forme physique. Son retour dans le combat finit de faire pencher la balance en faveur de la compagnie, chacun tranchant son lot de têtes, et tuant son lot d’ennemis.Weldenmaela, revenu à elle, abattit de sa main les deux monstres difformes.
Puis se fut le silence.
 
           Etrechea  regardait autour d’elle, cherchant un signe d’un quelconque danger, mais plus rien, ni les ami ni les ennemis morts ne bougeait (ces derniers ayants leurs raisons). Après plusieurs longues secondes, elle prit conscience que le combat était gagné, et que les esprits malveillants ne nuiraient plus. Un peu plus haut, une dryade s’effondra au bas du tronc auquel une flèche l’avait clouée.
            Soudain, un grognement fit tressaillir les combattants qui se retournèrent vers l’origine du bruit, épées tirées et arcs bandés. à leur grand soulagement, ce n'était « que » Erisdar-Vodhr, dont la colère semblait presque aussi redoutable que celle de leurs précédents adversaires.

            « - personne ne m’attend, comme d’habitude ! êtes-vous fous pour charger ainsi de tels ennemis !

            - bien que ces mots soient durs, princesse, il a raison, enchaina Ignasia, vous avez subits deux crises durant cette bataille, et sans notre arrivée…

            - Je sais ce que je vous dois, les coupât sèchement Weldenmaela, et vous allez encore devoir me supporter dans les combats jusqu’à ma destination. Ce sujet est clos. Mais si vous voulez discuter, dites-moi ce qu’étaient ces créatures.
 
           Erisdar-Vodhr réprima visiblement assez durement les réflexions qui lui venaient, pendant que l’autre lanceuse de sort cherchait ses mots :

            -je n’en suis pas sûre, commençât-elle, mais d’anciens récits parlent d’esprits d’hamadryades qui, lorsque Durthu nous accueillît dans la foret, décidèrent de prendre une nouvelle apparence afin de nous repousser hors d’Athel Loren. On dit que le premier « lémure » d’hamadryade apparut exactement cent quarante-quatre ans avant le premier esprit elfique fut accueillît dans une vie-écorce.

            -les Miadras de la rancœur…murmura Etrechea.

            -tu as d’ailleurs eu beaucoup de chance d’en rechaper, fille-du-saule, chantonnât Finiarel en commençant à nettoyer son épée.

            -je ne voudrais pas déranger la conversation, les interrompit Wyrdfell, mais je doute que ces esprits renégats soient seuls : une telle incursion ne passe pas inaperçu, qui plus est durant les derniers jours du Roi-Chasseur,lorsqu'il est faible et que la garde a été doublée…

            Après un court instant, alors que tout le monde était frappé de stupeur à ces mots, on entendit au loin le bruit d’un cor de chasse. La note était grave, et grave aussi était sa signification : elle annonçait les gardes de Cythral, ceux-qui-tuent-par-doute, et pour eux, une dryade morte est aussi suspecte qu’un elfe vivant : un peu trop, à un coup de vouge près.



............*............*............*............
 

 
     « - Tien, tien, quatre elfes et en coursier, seuls, au milieu d’un champs de batailles, que devrions-nous penser ? »

            Celui qui parlait ainsi était un elfe de taille moyenne, à l’armure sobre mais d’apparence robuste, et dont le large capuchon, identique à celui de sa douzaine de compagnons, cachait à peine les nombreuses traces de combats qui parsemaient son visage. Lui et sa troupe de patrouilleurs de cythral traquaient les esprits en fuite depuis une dizaine de jours déjà, et étaient arrivés peu de temps après le son de cor sur les lieux de l’affrontement. Là les attendaient Hlaupa, Finiarel, ainsi que les deux sorciers. Leur cheval broutait un peu plus loin. Les  visages sereins des membres de la compagnie contrastaient fortement avec celui des patrouilleurs, plutôt empli de la frustration de s’être fait prendre leurs proies.

            « - vous devriez penser que nous sommes malchanceux de nous retrouver sur le lieu de ce carnage en même temps que vous, lui répondit Hlaupa, et qu’il serait judicieux de continuer votre promenade afin de retrouver d’éventuels survivants de ces affrontements.

            - tu es bien arrogant, « garde », mais pour l’instant, rien ne me prouve que tu sois un elfe. Quelle preuve as-tu pour dissiper mes doutes ?

            - il me semble que vous avez dans la doublure de votre cape de quoi faire l’affaire.

            Le patrouilleur se tourna vers le sorcier qui venait de prendre la parole et éclatât d’un rire tonitruant. Posant sur un tronc son arme, un vouge dont la lame était d’une largeur exagérée, il tira sa cape d’une main tout en retirant d’un geste lent une petite pierre taillée sertie d’une rune d’argent. L’objet était manifestement de facture naine. Un farfadet curieux ayant la forme d’un petit lézard s’approcha prudemment de l’objet que le patrouilleur avait posé à ses pieds. Le lutin tenta de chaparder l’objet, mais à son contacte, il tressaillit et prit la forme d’une sphère pale aux contours indistincts avant d’aller se cacher dans les feuillages. Le patrouilleur reprit la parole en ramassant la pierre runique :

            « -cet objet n’accepte pas d’être touchée par le mensonge. Les farfadets ne sont par faits de vérité, mais d’illusion et de tromperie. Il n’y a que peu de risques que l’un d’eux ne me la prenne un jour. L’un de vous voudrait-il se soumettre à son jugement ?

            - jamais je ne confierais ma vie à quelque chose fait par les bruleurs-d’arbres, quoi que ce soit, s’insurgea Hlaupa.

            - j’accepte de subir cette expérience, dit Erisdar-Vodhr de sorte que tous puisse l’entendre.

            S’approchant du patrouilleur qui lui tendait l’objet, il prit la pierre runique dans la main et proclama haut et fort :

            « - moi, Erisdar-Vodhr, membre du conseil de Tal Drost, je jure d’être arrivé ici, sur le lieu de ce massacre, après que toutes ces dryades et autres esprits maléfiques dont nous voyons les corps provisoires aient été tuées.

            Après avoir rendu l’objet enchanté à son propriétaire, il ajouta, non sans humour :

            - les chants devront désormais parler de Erisdar-Vodhr qui passa l’épreuve de la pierre naine.

             Il fit un pas en arrière et quelques rongeurs vinrent l’entourer. Finiarel chantonnait de chants en souriant discrètement alors que au dessus deux les branches se mettaient à former d’étranges doubles spirales. Le garde de Cythral rangea sa pierre et, après un court moment de réflexion, il reprit la parole, en même temps que son arme :

            -vous êtes un habile sorcier, Erisdar-Vodhr, et nous savons désormais que vous dites vrai. Mais cela ne prouve rien pour vos compagnons, magicien, et s’ils veulent conserver leurs têtes, il faudra passer eux aussi par la pierre.

            - Jamais ! S’insurgeât Hlaupa.

            - Dans ce cas il n’y a qu’un moyen de savoir : le sang. Vous saignez, vous vivez, pas de sang, vous mourrez. Alors ?

            - je refuse de me laisser blesser sans combat ! Affrontez-moi si vous voulez m’atteindre !

            - dans ce cas…

            Le patrouilleur leva son arme et fit un pas vers le garde sylvain qui tirait deux couteaux de l’arrière de sa ceinture.  A ce moment, Finiarel s’interposa entrer les deux combattants :

            - arrête, Hlaupa, tu n’as aucune chance de vaincre un gardien de cythral en duel, laisse moi l’affronter à ta place, si je gagne, vous nous laisserez partir, si je perds, Hlaupa donnera son sang. Cela vous va-t-il, gardien?

            Hlaupa hochât la tête, sans un mot.  Finiarel était l’un des meilleurs duellistes du clan, et son talent était reconnu même chez certains des plus grands maitres d’armes de Fyr Darric. Mais le patrouilleur prit la parole :

            -la mise n’est pas juste : si tu désire prendre sa place dans ce duel, danseur, il te faudra mettre plus dans la balance : en cas de victoire, je demande ta tête. Acceptes tu ma proposition ?

            -je l’accepte.



............*............*............*............
 

 
           Les deux combattants se placèrent face à face. Finiarel, torse nu, tenait dans sa main droite sa longue lame tandis que de l’autre il vérifiait la rapidité avec laquelle il tirait chacun des nombreuses courtes dagues qu’il portait le long de sa jambe gauche. Son adversaire avait repoussé en arrière son capuchon, dévoilant un visage balafré, mais jeune et souriant. Il lui manquait une oreille, ce que ses cheveux noirs cachaient  assez mal, mais peu lui importait : elle lui avait été tranchée par un changelin infiltré à la court, et qu’il avait démaqué publiquement. Dans un geste rageur, l‘esprit lui avait alors tranché son oreille pointue avant d’être achevé par le ranger, lui rappelant ainsi les valeurs de sacrifices (de soi et des autres) qu’il avait juré de suivre. Le gardien de Cythral tenait fermement son vouge des deux mains, mais portait aussi un bouclier attaché au bras, de telle sorte que les mouvements du poignet de l’elfe et de son arme ne soient pas perturbés.

            Au court son de cor d’un autre gardien, le duel commença. 
Immédiatement, le danseur se jeta en avant, visant de son épée la tête de son adversaire, mais le coup donné à deux mains fut stoppé par la lourde arme du patrouilleur, rapidement levée à l’horizontale pour parer le coup. En un instant, le danseur avait lâché une main de sa poignée et tirait un de ses couteaux, mais un coup de genou le fit tomber à terre, et les combattant se désengagèrent avant de refondre l’un sur l’autre. D’autres passes d’arme s’échangèrent furieusement sous les piaillements des farfadets cachés sous les feuillages.  C’est alors que Finiarel planta la pointe de son épée dans le bouclier de son adversaire et souleva sa lame d’un coup sec, faisant basculer le ranger en arrière. D’un seul mouvement, il glissa en avant et passa derrière lui, tout en faisant glisser le plat de la lame d’un de ses couteaux sur le cou du gardien. Le couteau continua sa course et allât s’enfoncer dans la jambe du ranger, qu’un ultime coup de pied fit tomber en avant. Le danseur ramassa ensuite son épée d’un geste rapide, et, l’abattit violement sur le vouge du gardien qui peinait à se relever. On dit que la clarté du son que rendit ce choc du métal contre le métal fit frémir les eaux du lac de cristal. A la surprise de tous, la lame du ranger d’était même pas éraflée. Se relevant d’un bond, le ranger repris son arme et se lançât  à l’attaque du danseur. Les gestes de ce dernier étaient plus lents qu’au début du combat, mais son escrime restait redoutable. Peu à peu, le gardien de Cythral prenait le dessus dans le duel, utilisant tant la lame que la poignée de son arme pour contre-attaquer les assauts répétés du danseur : un bon combattants peut avec ce type d’arme transformer toute parade en attaque, et le ranger était loin d’être un piètre adversaire. Dans une ultime tentative d’atteindre Finiarel, le gardien écartât la lame du danseur avec son bouclier et d’un vif mouvement de sa lame, il transperçât le ventre du danseur. La pointe du vouge ressortit de son dos, et une goute de sang glissa le long de la lame.

            A la vue du sang, le ranger baissa les yeux et tira son arme du corps du danseur qui tombât sur le côté. Il retira ensuite sa cape et en couvrit son adversaire. Les compagnons du danseur étaient blêmes, et c’est presque sans réaction qu’ils se laissèrent entailler la main, montrant leur nature elfique. C’est la tête basse que les patrouilleurs s’éloignèrent. Le ranger à l’oreille coupée répétait silencieusement, presque comme pour se persuader lui-même le quatrième serment du ranger de Cythral ; « si je tue dans le doute/ un elfe ou un esprit / telle était la bonne route/ et la seul  que j’envie»
 
           Sur les lieux du duel, les arbres et les plantes reprenaient de plus belle leurs torsades et un léger brouillard se levait alors que la nuit prenait place.



............*............*............*............
 


 
            A plusieurs lieux de là, Weldenmaëla, Aiedail, Wyrdfell et Etrechea prenaient le direction du nord, non sans avoir fait un détour vers l’est afin d’éviter de rencontrer les rangers au cas ou ceux-ci, leur mission « accomplie », ne prennent eux aussi le chemin de Tal Drost. Si ceux-ci s’étaient séparés du reste de la compagnie, c’est que, possédant les talents et la discrétion des forestiers, ils n’y avait que peu de risque qu’ils soient retrouvés, et qu’il valait mieux ne pas être trop nombreux à risquer le combats. Quant à Etrechea, sa simple nature d’esprit aurait rendu le groupe encore plus suspect qu’il ne l’était déjà.


            Deux cycles solaires extérieurs s’étaient déjà écoulés depuis l’escarmouche avec les dryades. Les quatre voyageurs commençaient, comme souvent dans ces bois, à perdre leur repères, et ils avaient du plusieurs fois rebrousser chemin. Après un autre détour,  au bout duquel un lutin particulièrement vicieux s’était amusé à imiter les bruits d’une patrouille de gardiens, les compagnons s’étaient séparés dans l’espoir de trouver un sentier, sauf Etrechea et Weldenmaela qui entretenait les enchantements de la chef  du clan en l’absence de Ignasia.


             Aiedail, un moment lassée par cette recherche qu’elle savait vaine, s’était assise dans la mousse d’une petite clairière et, renonçant à appeler ses compagnons, se perdit un instant dans la contemplation des goutes d’eau qui tombaient d’un rocher un peu plus haut. Elle fut tirée de sa rêverie par un bruit de pas irrégulier et métallique qui s’approchait. Elle se retourna et tira une flèche de son carquois si vite qu’un œil humain aurait vu la flèche passer de celui-ci à l’arc sans voir la main qui la tenait.


            Face à elle se tenait un chevalier. Du moins, cette chose avait due l’être, il y a longtemps : sa côte de maille était entièrement rouillée, ses vêtements étaient en lambeaux et ses armoiries étaient illisibles tant les branches semblaient s’être acharnées à déchirer sa présence sur l’homme. Mais plus encore que tout cela, s’étaient sa tête qui effrayait : son casque, lui aussi griffé de toute part, était marqué d’une grande fente au niveau des yeux. Celle-ci ne donnait à voir qu’un hideux mélange de chaire, de fer et d’os. Mais plus que la peur, c’est la pitié qu’inspirait le chevalier déchu à l’elfe : il semblait auréolé d’un aura de gloire ancienne et de renoncement eternel. Rangeant son arc (mais gardant ses dagues à porté) elle aborda le chevalier en ces termes :


« - Qui êtes-vous, humain pour marcher ainsi sous les frondaisons de la Foret ? 


            Elle fut frappée par le ton de désespoir et de tristesse de la voix qui sortait du heaume :


            - qui je suis ? Je ne suis rien…je suis perdu…asservi ? Oui sans doute, aussi, asservi par mon serment … je suis fou, sans doute, voilà que je réponds aux voix qui me tourmentent… mais qu’est-ce que cela change, maintenant ? Je ne suis rien… rien… mais qu’étais-je avant ? Avant quoi d’ailleurs ? Hier ? Hier…hier…


            L’homme continuait sa litanie tout en marchant de son pas incertain et disparu dans les brumes des sous-bois, à l’opposé de là où il était sortie. Devant ce spectacle théâtral, Aiedail, resta un moment immobile, ne sachant que penser. Alors qu’elle reprenait son arc, pensant suivre le malheureux pour abréger les souffrances, elle entendit la voix de Wyrdfell dans son dos :


- étranges ; n’est-ce pas ? et croyez-moi, celui-là a surement été un grand seigneur des hommes en son temps.


- que lui est-il arrivé ?


- ce qui arrive quand on se perd : comme il le dit si bien, on devient fou.


- pourquoi ne pas simplement le tuer ? je pourrais m’en charger, si cela est nécessaire…


- dans les terres de l’ouest, certaines tribus humaines nous craignent tant, que certaines font jurer à une de leurs meilleures épée un serment éternel : abattre les monstres-dans-les-bois, c’est ainsi que ces humains appellent les esprits, mourir en essayant, ou bien errer jusqu’à ce que leur serment prenne fin, quelle qu’en soit la façon. Mais pour certain, la Foret choisie un autre chemin : leur entrée en Athel Loren les condamne à se perdre pour toujours dans les chemins sans fin du Val des fou, où nous nous trouvons. Parfois, certains sont guidés ailleurs, et des esprits les tournent vers une autre tâche, face aux créatures du chaos, ou d’autres dangers extérieurs. Ils se battent alors avec la plus grande bravoure, la plus grande folie, dans l’espoir vain de mourir ou de s’échapper.


- ne peuvent-ils pas se tuer plutôt que d’endurer ce sort ?


- leur serment leur interdit toute autre fin que face à leurs ennemis. Mais désormais,  ceux-ci sont ceux d’Athel Loren. J’en ai vu un une vois qui avait le cou brisé, mais qui tenait encore debout. Même l’âge ne peut les tirer de ce vœu : leur esprit continue d’errer sur ces sentiers, dans l’espoir de délivrance, toujours.


- c’est cruel.


- c’est surtout fort utile : il suffit d’un peu de promesses, un peu de charme, et d’un objectif pour manipuler aisément ces dangereux combattants. Ils y en aurat toujours ici, et c’est facile de les trouver : le Val est un des rares lieux de la foret à ne pas changer de place. D’autant que cela me permet de me retrouver un chemin vers les Halls. Mais ne restons pas là, mademoiselle Aiedail, certains chevaliers ne sont pas là depuis très longtemps, et la colère précède toujours le désespoir.


Les deux forestiers, tout en tenant prudemment leurs armes à la main, partirent à la recherche des deux autres compagnons, puis parcoururent les derniers lieux qui menaient à Tal Drost, la citée des veilleurs et prochaine étape du voyage.







Chapitre 3 
Tal Drost
III,1249,3,27


je tiens à m'excuser pour les quelques libertés que j'ai pris concernant le fluff ici: j'ai notamment déplacé le grand Hall de Cythral pour en faire réellement la porte qui ferme cette partie de la foret, ce qui selon moi paraissait plus logique.concernant la description en elle même, je pense que ce Hall, en tant que capitale d'un royaume "frontalier" devait être un peu différent des autres, aussi ai je imaginé Tal Drost plus comme une forteresse que comme un Hall Asrai. si vous avez des idées ou des corrections, n'hésitez pas...


 
Les quatre membres du groupe eurent du mal à se retrouver, à cause des sous-bois denses qui occupent la place entre les arbres, et des fougères de grande taille qui abondent dans le sud-Est d’Athel-Loren. Dans cette région, proche de Tal Drost, les esprits maléfiques de Cythral entretenaient des charmes et des enchantements pour permettre de se dissimuler des gardes elfiques lors de leurs évasions voir même lors d’assauts massifs sur La Tour-Porte de l’Est. Les compagnons eurent plus de facilité à trouver l’un des quelques chemins vers le Hall. Au bout de deux autres jours de marche, ils débouchèrent finalement face à la forteresse.




Entre l’endroit où la foret s’arrêtait et les premières tours, il y avait un bon lieu qu’occupait le lit du fleuve que les peuplades humaines appellent Brienne, mais que les habitants des bois répugnent à nommer tant le fleuve change d’aspect entre les glaces de Atylwyth, les crus de Cythral ou les eaux immobiles du lac de Crystal. Un peu avant le Hall, on pouvait distinguer au loin le lieu où se rejoignent les deux affluents du Brienne. Durant la saison mineurs du déclin, le fleuve atteint un niveau si bas qu’il est possible de le traverser dans la largeur sans avoir d’eau au dessus de la taille. Ça et là, des galets apparaissaient à la surface, parsemée de petits roseaux repoussant d’un an sur l’autre.




La première chose que l’on remarque face à Tal Drost, ce sont les murailles étranges la forteresse : sur les murs de pierre coulait des cascades d’eau qui recouvraient entièrement la muraille, empêchant ainsi que des graines puissent être déposées et que les plantes fragilisent les défenses, naturellement, où suite à la magie. Les murs formaient un demi-cercle s’appuyant sur les contreforts du Cullodinen, se réduisaient à un chemin fortifié sur plusieurs jets de flèche,  puis reprenaient pendant un quart de lieu, barrant le passage du col de Lior’es’Narn, un peu au nord. Entre le premier tronçon de la muraille et la montagne, il y avait un bassin d’eau qui alimentait les cascades. Au dessus d’un petit quai, plusieurs échelles de corde permettaient aux garnisons de descendre depuis le hall en lui même. En effet,  plusieurs mètres au dessus, une vaste grotte s’ouvrait dans la montagne. Les forestiers de la compagnie arrivaient même à discerner dans celle-ci les racines qui en formaient les voutes. Surement celles de la foret qui poussait au dessus du hall et qui s’arrêtait moins d’un jet de flèche du sommet.




            Mais une description de Tal Drost ne serait pas complète sans parler des tours de garde du Hall : plusieurs hautes flèches de hauteurs inégales s’élevaient vers le ciel nuageux, reliés par de longs ponts suspendus : deux d’entre elles ornaient le sommet de la montagne, d’autres délimitaient chaque tronçon de muraille, et enfin, trois d’entre elles escortaient le pont descendant des murs vers le fleuve. Chaque tour avait à son sommet une baliste, un brasier permettant de tenir à l’écart les monstres de Cythral,  et comme pour les murs, une chute d’eau coulant le long des pierres. Mais nul part sur La Tour-Porte de l’Est, il n’y avait de bois, hormis en haut des tours où poussaient de grands frênes, hors de porté de voix des esprits maléfiques, et dans la forêt au dessus du hall. Tous ces arbres avaient été plantés des années auparavant avec les graines récoltées aux alentours de la clairière royale, ou les plantes sont depuis longtemps acquises à la cause des elfes.






            Impressionnés par cette vision, les quatre voyageurs commencèrent la traversée vers la forteresse.


 
 
 ............*............*............*............
 








            Après un certain temps, alors que les quatre compagnons étaient à mi-chemin de la traversée, ils aperçurent un groupe d’une quinzaine de cavaliers descendre par le pont à leur rencontre. Ils arboraient plusieurs étendards verts et argent, parfois marqués de l’anneau aurore, symbole elfique de la veille et de la garde, mais aussi de la prison. Au fur et à mesure qu’ils approchaient, on distinguait mieux leurs armures de cuir et d’argent, ainsi que les motifs distincts que chacun d’eux arborait sur son casque à ailette. Quand ils furent proches des voyageurs, l’un d’eux, portant une lance dont la pointe brillait au soleil bien plus que celles ses compagnons, prit la parole d’un ton en apparence accueillant, mais il était facile de remarquer que plusieurs soldats gardaient la main à l’épée.


            « -nous avons été prévenus de votre arrivée, Dame Weldenmaela, mais nous ne vous attendions pas aussi tard. Comment s’est passé votre voyage ?


- Bien, sans doute, nous sommes en vie. Qui vous a informé de notre venue ?


- vos compagnons sont arrivés il y a trois cycles solaires. Et un rêve de Mademoiselle Draya prévoyait votre arrivée hier, ou ce matin. Comment c’est passé votre voyage ?


            Les cavaliers resserrèrent leurs prises sur leurs armes et, voyant cela, Wyrfell et Aiedail rapprochèrent doucement leurs mains de leurs dagues. Mais après avoir semblée réfléchir un court instant, Weldenmaela lui répondit :


            - deux astres ont veillés sur la poussière de notre chemin. Cette réponse vous convient-elle ? Ou préférez-vous entendre ceci ?


            Elle tira de la doublure de sa cape un petit objet translucide ressemblant à une goutte d’eau, bien qu’il soit solide, et qu’une petite lumière d’un rouge pâle semblait chercher à s’en échapper. Le cavalier fit avancer sa monture et pointa sa lance vers l’objet. Il y donna un coup sec et une note brève sortie de la goute après seulement quelques secondes. Il se tourna alors vers un de ses compagnons, le plus âgé, qui hocha la tête après un regard vers le sablier qu’il avait prit dans la main. Aussitôt, les cavaliers relâchèrent leurs doigts de leurs épées.


            - Excusez nous, Dame Weldenmaela, mais nous craignons que des changelins s’infiltrent dans les murs avant l’hiver. Aussi Sire Lingahan a-t-il ordonné que les cavalils demandent Réponses en dehors des murs. Mais venez, Madame, nous avons assez perdu de temps ici, et Dame Drihel a demandé que vous soyez conduite à elle dès votre arrivée à Tal Drost. Nous avons une monture pour vous.


            - et mes compagnons ?


            - les gardes s’en occuperont sitôt  leur arrivée dans le hall. Vous les retrouverez après l’entrevue…


            - très bien, allons-y. » Elle se tourna ensuite vers sa fille : « Je vois que tu te poses de nombreuses questions, mais je  suis sur que votre « escorte » se fera un plaisir de t’enseigner les connaissances qu’ils te manquent. » Puis, elle partit avec une partie des cavaliers au trot vers la forteresse, tandis que l’autre accompagnait les deux forestier ainsi que la dryade en mettant pied à terre. 


            Dès la chef du clan parti, Wyrdfell se rapprocha d’Etrechea, que plusieurs gardes dévisageaient de regards plein de méfiance ; mais le forestiers les fixa un par un, et la plupart des cavaliers finirent par détourner leurs yeux. Quand à Aiedail, elle s’enferma dans un mutisme qui ne prit fin qu’une fois le groupe engagé  sur le pont, et que le vieux garde  lui adresse la parole :


            « - mademoiselle, je suis sous le commandement de mon capitaine, qui nous a lui même mis à vos ordres. Si vous avez la moindre interrogation sur la forteresse, je suis prêt à y répondre. »


            La jeune elfe ne répondit pas tout de suite, tiraillée entre sa curiosité et sa timidité. Elle lâchât seulement quelques mots devant la grande porte de fer qui séparait le grand pont et l’enceinte. Se tournant vers le vieux soldat, elle lâchât ces quelques syllabes :


            « - Reponse ; cavalils ; Sire Lingahan.


- vous ignorez cela ?


            La forestière hocha négativement la tête. Le cavalier réfléchit un court moment, puis attendit que la princesse finisse d’admirer les portes de fer qui fermaient l’accès du pont au chemin de ronde. Entre deux tours de garde, les deux battants étaient plutôt épais, mais stylisés en ornés de décorations illustrant plusieurs évènements de la Guerre Secrète. Le chemin de ronde, servant aussi de retenue d’eau, était large de huit mètre, et à plusieurs endroits étaient accrochées de longues barques pouvant transporter jusqu’à six personnes. C’est après être montés dans l’une d’elle que le vieil elfe répondit :


            - les cavalils, dont nous faisons partis, sont des gardes de la forteresse. Une partie d’entre nous est liée à la garde éternelle de Dame Draya, et sont responsables des messages et de l’escorte de la famille royale. D’autres, dont nous sommes, sont liés au Hall lui même, et sont chargés de la surveillance alentours, ainsi que, comme aujourd’hui, de demander Réponse : chaque membre du Conseil connaît la Réponse à prononcer avant de pénétrer dans la Forteresse de l’Est, et chacun de ces membres possède une Larme de Lutin,  dont la particularité est de ne réagir qu’après un moment : jetez en une au sol, et elle ne se brisera que le lendemain. Enfin, je pense que vous rencontrerez le seigneur de la garde éternelle de Cythral sous peu. Avez-vous d’autres questions à me poser, Mademoiselle ?


            Mais elle de dit rien. Les barques touchèrent le ponton de pierres blanches au bord de la montagne, et les elfes accostèrent. Puis, montant par les échelles qui descendaient depuis la grotte qui surplombait le quai, le groupe finit par accéder au hall de Cythral, et un spectacle splendide s’offrit à leurs yeux.


 
             La grotte était en faite un long tunnel, perçant au travers de la montagne ; et à l’autre extrémité, un peu au dessus du col de Lior’es’Narn, le hasard avait fait paraître la lune qui se levait. Le tunnel était si haut qu’un Vénérable aurait pu s’y tenir sans problèmes, et presque deux fois plus large. D’un bout à l’autre de celui-ci ; on pouvait voire de gigantesques racines qui sortaient du plafond et qui, après parfois de larges spirales, se renfonçaient dans le sol de pierre. Parfois, des racines secondaires rampaient sur le sol, telles des serpents de bois. Dans les pilonnes naturels, et dans la roche alentours, plusieurs fenêtres rondes s’ouvraient dans l’écorce, laissant deviner les habitation elfiques éclairées par des farfadets intangibles. Enfin, plusieurs pierres taillées disposées en cercle dans le tunnel diffusaient une faible lumière. Autour de chacune d’elle, quelques gardes éternelles, reconnaissables à leurs armures, à leurs heaumes portants la rune Astian, mais surtout à leurs særath, de longues lances portants de longs fers à chaque extrémité. Si les elfes de Cythral sont considérés comme méfiants et suspicieux, ceux de Tal Drost sont considérés comme tel même les autres habitants du Sud-Est, et les gardes – rangers de Cythral ou gardes éternelles – sont encore plus paranoïaques. Aussi, quand le groupe se mit en marche, les membres de la compagnie se sentirent aussitôt épiés, par les elfes qui marchaient dans la grotte. Les cavalils les guidèrent  ensuite vers une racine proche de l’entrée du coté du col. Au pied de celle-ci, deux gardes s’écartèrent à leur approche, et glissant leurs mains symétriquement le long du bois, firent apparaître une porte qui s’ouvrit devant eux. Les soldats leurs montrèrent ensuite leurs appartements, un « étage » (dans l’architecture asraï, ce terme est peu de chose) entier avait été préparé pour eux. De nombreuses tapisseries ornaient les murs, et le bois du sol, ainsi qu’une partie de celui des murs, était recouvert de mousse verte et brune. A leur entrée, ils virent Hlaupa, allongé sur un banc, endormi.

            « - eh, le garde, c’est ainsi que tu veilles ? »Le réveilla Wyrdfell, pendant que Etrechea ricanait.

            Hlaupa sursauta. Levant les yeux vers les arrivants, il s’exclama :

            -on ne vous attendait plus, que vous est-il arrivé ? Vous vous êtes perdus en route ?

-en effet, honte à moi, j’étais le guide. Où sont les autres ?

- Elior est avec les autres coursiers du hall. Erisdar-Vodhr et Ignasia ne doivent pas être loin non plus, Finiarel est partis les chercher il y a peu. Quand à moi, je reste là à attendre que quelque chose arrive, et j’imaginais la Tour-Porte un peu plus agité que ça.

- ne vous en faite pas, garde sylvain, les éclaireurs nous ont prévenus qu‘une bande d’esprits renégats se regroupaient vers le col. Il faut être prêt ; interrompit le vieux cavalier qui les avait accompagnés jusqu’à leurs appartements.

- très bien, j’ai hâte de voir comment se débrouillent les archers au nord du fleuve.

- vous le verrez bien assez tôt, croyez-en mon expérience, un combat vient toujours trop tôt…

- nous le savons, soldat, coupa Aiedail. Maintenant menez moi vers ma mère.

- elle est au conseil, Princesse. Seuls ceux qui y sont appelés peuvent y entrer.

- alors, dit-elle après  quelques secondes, je souhaite que vous m’emmeniez retrouver Finiarel et les autres.

- il a dit en partant qu’il pensait savoir où trouver Erisdar-Vodhr.






............*............*............*............




           Le vieux garde ; tout en expliquant à l’héritière du clan les multiples (mais en réalité peu convaincantes) caractéristiques qui différenciaient les equos des cavalils ; l’emmenait vers le lieu indiqué. L’endroit était au bas d’une large racine particulièrement tordue. Pas de porte, mais une grande entrée au dessus de laquelle tombaient une jolie vigne et de lourdes grappes de raisin ainsi que des feuilles d’oranger. En approchant, les bruits de rires et de chants devenaient de plus en plus audibles. Le garde hésita, et, juste avant qu’ Aiedail ne pénètre dans la semi pénombre du lieu, il l’arrêta :

            « - Mademoiselle, si je puis vous donner un conseil avant d’entrer, évitez de prendre partie, même si l’on vous le demande, même si je vous le demande. Et surtout, buvez le moins possible.

            Ils entrèrent. Le contraste avec le calme inquiétant et les couleurs bleutée de la nuit était saisissant : à l’intérieur régnait le rire et la musique festive. Plusieurs elfes étaient attablés et buvaient sans discontinue. Si Aiedail avait eut quelques connaissances en boisson, elle aurait reconnu le rubis du vin de Loren, l’or de l’hydromel, le cristal des larmes de vigne, et même de rouge teinté d’améthyste des crus des hommes  de l’Ouest. De nombreux tonneaux étaient empilés le long des murs et régulièrement un nouveau était percé par les buveurs. Les branches qui tapissaient le plafond s’abaissaient d’elles-mêmes pour tendre des grappes et des fruits aux elfes en dessous.

            La jeune elfe s’avança dans la pièce, vers l’origine de la musique, et tomba, au milieu d’un cercle de chanteurs qui maniaient la bouteille avec dextérité, sur Finiarel qui terminait dans un dernier saut « La Mésaventure d’Eseles », sous les applaudissements de ses spectateurs. Se retournant, il aperçût Aiedail et le cavalier et les dirigea vers une table près du fond de la salle. Y étaient déjà assis Ignasia, un verre encore presque plein, et Erisdar-Vodhr, qui versait la moitié de chaque bouteille au pied de son bâton, dont les ramures indiquaient une présence prolongée dans la taverne. L’autre moitié étaient immanquablement bu, jusqu’à la dernière goutte. Au vu de la couleur de ses oreilles, ou le sorcier ne tenait pas l’alcool, ou sa consommation était… importante ; et les rumeurs qui portaient sur lui avaient une préférence pour la seconde version. Le danseur fit asseoir les deux nouveaux venus, et commença à les harceler de questions sur leur voyage, sous le regard attentif de Ignasia et les grommèlements du tisseur de charmes.

            A un moment, Erisdar-Vodhr se leva et allât (presque en ligne droite) jusqu’au comptoir de pierre non taillé et en rapporta un verre remplie d’une boisson colorée mais légèrement transparente. Il posa celui-ci sur la table, et discuta quelques instants avec le danseur de guerre; chose rare d’habitude, et ne pouvant avoir pour origine que la quantité de vin qu’il avait ingéré, un événement exceptionnel, ou les deux. Aiedail, intriguée, vit venir à elle les deux elfes qui poussèrent vers elle le verre. D’une voix enrouée, Erisdar-Vodhr commença à lui expliquer, sous le regard désapprobateur du vieux soldat, et celui amusé de l’enchanteresse :

            « - Mademoiselle, il est aujourd’hui temps pour vous d’apprendre à boire. Ne vous inquiétez pas, ce n’est que du melomel.

- et si je refuse ? L’alcool ne me paraît pas …

- Dame Aiedail, la coupa Finiarel, connaissant la jeune elfe, la boisson ne peut que renforcer votre autorité sur le clan.

- la gloire au combat ne suffit pas ?

- pas toujours, hélas, et un bon buveur a souvent plus d’autorité qu’un bon soldat. »

            L’héritière du clan regarda le verre avec suspicion, mais devant l’insistance des deux compères, elle finit par boire la boisson. Aussitôt, elle rougit, ses oreilles devinrent elles aussi écarlates, et elle ne prononçât plus un mot de toute la nuit, figée le regard dans le vague.

            «  Pas de résistance à l’alcool et paralysie. C’est mon diagnostique, et croyez-moi, je m’y connais » ; analysa le tisseur de charme. Devant le peu d’attention que la foule portait à sa « science », il attrapa une salamandre qui passait par là et se mit à grommeler et à discuter avec sa nouvelle compagnie, visiblement peu désireuse d’écouter elle aussi. « Pas tant de résistance que ça et transformation en nain. » commenta Ignasia amusée. Le vieil equos, lui, ne participait pas à l’animation ambiante, mais ses yeux se posaient de plus en plus vers le comptoire.

            Plusieurs minutes (et verres de liqueurs de plus en plus diverses) plus tard,  Finiarel fut interrompu dans une de ses danses : un groupe de rangers des bois sauvages venait d’entrer dans la taverne. Ils s’installèrent à une table, et demandèrent à boire. L’un d’eux en particulier, semblait accablé, et ses camarades de veille ne cessaient d’essayer de le consoler. Lorsqu’il enleva son capuchon, Finiarel reconnu celui qu‘il avait affronté : son oreille en moins et ses cheveux corbeau ne laissaient aucun doutes. Le dévot de Loec s’approcha alors de sa table, attrapant au passage une cape, une écharpe sombre, et d’autres accessoires : « pieds de danseur, doigts de voleurs » disait le dicton. S’asseyant à la table des patrouilleurs, il leur lança :

            « - prendriez-vous avec moi un peu de vin ? Ce cru nous vient directement du nord. Un gout à réveiller un mort.

- passe ton chemin, inconnu, nous allons bientôt avoir de quoi boire.

- allons, ce serait une erreur meurtrière que de refuser cette boisson pour votre piquette

- cesse donc de parler de mort, inconnu, lui lâcha un autre garde

- le dernier tonneau qui contenait ce liquide à été percé de part en part dans la hâte d’en connaître la saveur… »

             Au fur et à mesure du dialogue, le jeune patrouilleur devenait de plus en plus pâle, et se mettait à regarder le nouveau venu avec attention. Soudain, il se leva et s’écria:

            « - les morts marchent ! Aux armes ! »

            Il se leva et tira son vouge vers le danseur, près à combattre. Autour d’eux, la 
musique s’était tue, et tout le monde regardait la scène, étonné. Le danseur de guerre se mit à rire, à la stupéfaction de son adversaire. Puis, il fit un geste, et la pointe du vouge s’évanouit, à l'étonnement général.


            « - c’est un enchantement simple, mais fatigant à la longue.  Dit-moi, tu ne t’es vraiment douté de rien ? à propos, tiens, voilà la vrai pointe, tu iras voir un forgeron demain, et cette affaire prendra fin sans histoire.


- mais… le sang… si je ne t’ais pas tué, d’où venait-il ? Une autre illusion ? lui demanda l’autre, les yeux grands ouverts. Il était, à raison, frappé de stupeur, et ne semblait même pas remarquer que le danseur le tutoyait.


- non ; grimaça Finiarel, je ne pensais pas que tu enfoncerais aussi loin ta lame. En tout cas bien joué, ce fut un beau duel. »

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeMar 6 Mai - 19:20

Ok j'aime bien ton histoire, c'est très bien écrit je trouve, seul problème pourrais je avoir la partie 1 svp^^(met un lien au départ^^).

Citation :
Elle fit avec sa barbe, une grande cape blanche le soir même pendant que le couple royal était ramené sous les voutes.
Ceci ne fait pas très elfique mais plutôt guerrier du chaos, je ne pense pas qu'une elfe de son rang(elle est princesse si j'ai compris) porterait ceci.

Cordialement Rhydysann
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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeVen 9 Mai - 0:54

http://athel-loren.forumactif.com/t3870-histoire-du-clan-du-datia-yawe-premiere-partie

attention, le format est…différent
Citation :
Ceci ne fait pas très elfique mais plutôt guerrier du chaos, je ne pense pas qu'une elfe de son rang(elle est princesse si j'ai compris) porterait ceci.
c'est vrai que, c'est pas génial, sur le coup, ça faisait pas mal mais…il faudra que j'arrange ça

merci

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeVen 23 Mai - 1:00

Carte de la région

carte du Sud-Est aux alentours de Tal Drost:
 

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeSam 14 Juin - 0:57

remis encore en haut

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeJeu 10 Juil - 22:23

PAS mal comme histoire j'aime bien, très bien écrit, un petit problème il n'y a plus de clan d’après le nouvel LA ES donc va falloir changer sa par des royaumes.
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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeLun 14 Juil - 22:14

pas tout à fait: un paragraphe du LA dit que, à la saison de la révélation et après, il y avait encore des clans "mineurs" (p23). il est donc encore (un tout petit peu) possible d'écrire l'histoire de clans indépendants. (surtout à l'époque du récit)


en tout cas, merci, un commentaire c'est si rare de nos jours  Very Happy 

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeSam 20 Sep - 0:31

enfin, vous l'attendiez ? (ou pas?) voilà la suite !

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeSam 20 Sep - 11:28

Pour l instant je n ai rien lu encore ,nous sortons d une période très agitée , sortie du nouveau LA et donc analyse de celui ci , période des tournois et donc recherche de listes optimisées.

Maintenant c est plus calme .

Mais ça m interresse , je vais le lire , et prendre plus de temps pour le fluff pour ma part .
Et pour répondre complètement à ta question je sais que je vais prendre plaisir à le lire parce que je connais tes écrits.
Alors ne perds pas patience et continues.Mon retour dès que possible.

En ce qui concerne la question des clans , ce n est pas illogique qu ils subsistent même ou surtout au sein d un royaume.

Le clan est une petite structure sociale , même si le livre n en parle plus il n y a aucune raison qu ils aient disparus.
On est libre de penser que ceux ci subsistent dans une moindre importance à l échelle du ou des royaumes d Athel Loren .
De la même manière tu es libre de situer ton récit autour de ce clan .

Seulement, toute société évolue , c est dans l ordre des choses.

(...)

Je lis et ... Maintenant je peux dire que j attendais la suite Smile

Tu as du talent pour conter des histoires c est certain .
J aime comme tu sembles donner vie à Athel Loren , c est melodieu on croirait écouter une source .
Belle histoire , j aurais pu prévoir le retour de tes écrits .
Peut être l ai je fait Wink
Aucune déception c est ce qui commençait à manquer , mais pas pour longtemps.
L âme est revenue .

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeMar 14 Oct - 0:21

merci beaucoup pour ce commentaire, en effet, l'âme est revenue, mais peine à trouver le temps pour écrire (les cours, tout ça...). en tout cas, pour le scénario, sache que celui-ci ne risque pas de s'épuiser de ci-tôt: j'ai pour idée mégalomane, parfaitement irréaliste, complètement folle de continuer l'histoire jusqu'à l'actuel Ethgri Wyrda; même si, pour l'instant, je ne prévoit rien de précis après le fléau d'Allissara. Mr. Green

en tout cas, voilà la suite, tan tan...dwarf

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeLun 26 Jan - 1:48

pour ceux qui ont le courage de lire, la suite et fin du chapitre 2

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeLun 2 Fév - 23:55

voilà le début du 3eme chapitre. j'espère que certain lisent, et que si il y en a, un petit commentaire ne fait jamais de mal (même pour dire que c'est nul ou que vous aimez pas).

si en revanche vous trouvez ça trop long de lire (sur l'écran, trop de texte, tout ça), dites le aussi, où lisez petit à petit, je pense que l'absence de commentaires est la cause du nombre élevé de récits inachevés sur le forum...Sad

enfin, je cherche un nom pour le cheval, des idées ? de même, j'ai du mal à voir à quoi pourrait ressembler une cour royale Asrai, votre aide serait la bienvenue dwarf

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeMar 3 Fév - 0:50

§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§ Bonsoir Enfants de la forêt.

Citation :
voilà le début du 3eme chapitre. j'espère que certain lisen
§§§ T'inquiète, ton sujet est surement lu, après ce qui le lise n'ont pas toujours envie ou le temps de mettre un commentaire, c'est un peut comme acheté un livre le lire et ne pas contacté l'écrivain pour lui dire ce que l'on pense de sont livre.

Citation :
enfin, je cherche un nom pour le cheval, des idées ?
§§§ (Vif allure), ce l'on la couleur (Blanche robe, Crin noir) (Elior sabots du vent)

Citation :
j'ai du mal à voir à quoi pourrait ressembler une cour royale Asrai, votre aide serait la bienvenue
§§§ Une cour Royale, ressemblerai à un endroit entourer de pierre positionner dans une verte prairie ou se tiendrait de fière chêne et dont les racine sortirais de terre pour formé des sièges et des pierres rondes pour servir de table.
§§§ Cela peut être aussi un palais fait de vieux bois dont la magie aurais rendu plus dur et d'une beauté éternel.



§§§ Bonne soirée.

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeMar 10 Fév - 23:52

va pour Elior, un superbe pur-sang elfique de 4 ans, crin bai, balzanes, 484Kg, amateur de choux...
en faite, pour la cour royale, je parlais plutôt de nobles qui siègent au conseil, mais merci quand même, pour cette cour là non plus, c'était pas clair.

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeMer 11 Fév - 23:46

§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§ Bonsoir Ethgri wyrda.

Citation :
en faite, pour la cour royale, je parlais plutôt de nobles qui siègent au conseil,
§§§ La cour Royale est composé du Seigneur de la Fratrie, de la grande Prophétesse de la Fratrie et de ses suivantes, du Capitaine de la Garde Éternelle et des Nobles de tous les clans.

§§§ Bonne soirée.

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeMer 11 Mar - 1:16

petite avancée en ces heures sombres

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeMar 17 Mar - 1:01

bonjours à tous, désolé pour le double post, mais j'ai besoin de vous pour deux petit conseils:

- avez vous des idées d'alcool elfiques? j'ai entendu parler du vin de Loren, mais y en a t il d'autres?

- que pensez-vous des cavalils? après relecture, je me demande si il ne faudrait pas plutôt juste parler d'Equos au de gardes éternels montés.

merci d'avance (et bonne nuit)

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeJeu 26 Mar - 18:24

Youpi ! Je reviens sous les frondaisons ! Very Happy

J'ai beaucoup apprécié la lecture de ton texte, on sent vraiment l'inspiration en toi ! Mon personnage préféré est sans doute le tisseur de charmes toujours entouré de ses amis les animaux, et dont le bâton ne peut s'empêcher de prendre racine !  lol!  
Intrigue très sympathique, bien que je l'avoue, j'ai fini par me perdre un peu dans les nombreuses références géographiques... Il faudra que je me remette à l'étude de mes cartes prochainement.

J'ai également lu la première partie de l'Histoire du Clan Datia Yawë, bravo à toi ! L'histoire est très bien rendue  thumleft
Et puis ta liberté d'écriture contraste tellement avec mes efforts fanatiques d'aligner toujours le même nombre de syllabes... Liberté typiquement elfique, que j'en viens un peu à envier, un tout petit peu  dwarf

Les conseils que tu sollicites : pour les alcools elfiques, voici quelques idées : l'hydromel, boisson faite à base d'eau et de miel, miel d'abeilles sauvages pour le coup. Autre nom que je trouve sur le net : le melomel, nom générique pour les boissons à base de fruits fermentés, et qui a attiré mon attention pour sa sonorité elfique. Enfin, si tu cherches plus de simplicité, offre à tes nobles de l'eau de vie de framboise ! C'est aussi adorable qu'énivrant.
Le vin reste une référence classique, mais que je verrais plutôt en Ulthuan, où ils doivent avoir des vignes cultivées.

Puisque tu fais la proposition pour les cavalils, ma préférence va au nom d'equos. C'est court, c'est classe, la racine latine du nom résume bien le type de troupe qu'il désigne.

Voila voila, j'espère voir la suite des événements, avec la forêt toujours aussi bien décrite et mise en ambiance Smile
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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeSam 28 Mar - 1:28

merci beaucoup, je suis flatté. Very Happy

la suite arrive (mais bac blanc en approche...) en attendant, j'ai posté une carte de la région faite avec Age of Empire III; remplaçant un vieux "remis en haut"

je ferais bon usage de ces liqueurs (hips...) et le sorcier aussi... quand aux cavalils, je pense que je vais suivre ton conseil et  le remplacer par equos, tout en gardant le mot comme synonyme de temps en temps.

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeMar 21 Avr - 23:49

Chapitre 4 
Les premiers mots
 
III, 1249,3,33
 
            Depuis leur arrivée, les membres du groupe vivaient dans les appartements qui leurs avaient étés attribués, à l’exception de Weldenmaela, qui disposait de sa propre racine, à côté de la salle du conseil. Le jour, elle était au conseil, et ses compagnons n’avaient pas l’autorisation de la rejoindre. Aussi, lorsqu’un garde eternel vint les avertir que « Dame Aiedail était demandée par le grand conseil de Tal Drost et de Cythral », cette dernière se dirigea immédiatement vers le conseil, guidée par le Selathoi, et escortée par Wyrdfell. Ce denier suivait la princesse du clan, un peu en retrait, impressionné par le sang-froid que cette jeune elfe –à peine l’âge d’une humaine – et par la retenue qu’elle arrivait à afficher malgré les terribles évènements des derniers jours.

            Ils arrivèrent enfin à la porte du conseil. Celle-ci, comme la grande porte de Tal Drost, était sculptée de scènes de batailles. Elle était située au milieu d’un long couloir. Au bout, le forestier arrivait à discerner une rangée de gardes éternels, immobiles dans l’ombre, mais prêts à s’avancer à tout moment pour renforcer la porte de bois d’une rangée de boucliers de bronze et s’une barrière de lances d‘acier. Mais au moment où Wyrdfell s’apprêtait à suivre Aiedail dans la cour du conseil, deux soldats recouverts d’argent lui barrèrent la route : seule la jeune elfe était autorisée à entrer au conseil. Aiedail se retourna, et lui fit signe de l’attendre devant la porte, puis elle fut conduite dans la grande salle. Cela aussi impressionnait le forestier, cette autorité presque instinctive sur le clan. A coup sûr, elle serait une digne héritière de sa mère. Mais de son père aussi, d’ailleurs.

            Regardant autour de lui, le forestier trouva une place dans l’ombre, dans un recoin de l’épaisse écorce, où il pouvait encore voire la porte, désormais fermée ; mais il s’assoupie, perdu dans ses souvenirs de batailles…

            …Les humains avaient débouchés sur une clairière, et s’étaient mis en ordre de bataille, une ligne de piquiers faisant face  à l’endroit où la garde éternelle se déployait, un peu plus haut, et le Seigneur Lingahan menait l’Ost de Cythral. Ce dernier avait souhaité que les Forestiers du clan prennent place sur les flans de la formation elfique, ce que Skölir Andlà, le Chef du clan approuvait. Mais une elfe sortie du rang, et contesta cette décision : C’était Weldenmaela, celle que Durthu en personne avait sauvé. Elle avait déjà affronté ces créatures par le passé, dans une autre bataille, dans un autre clan, et elle discernait une autre menace : les long fûts métalliques que les elfes toisaient avec étonnement. Elle savait que ces armes, que les humains achetaient encore aux nains, tiraient des boulets de pierre et de fer, déchirant et broyant les corps. Elle proposait que le clan contourne l’armée ennemie, tue les servants des canons, et rentre dans la mêlée ensuite, en même temps que la ligne elfique. Le seigneur Lingahan semblait tout d’abord méfiant, mais son ami Skölir Andlà semblait convaincu, aussi donnât-il son accord, et les forestiers se fondirent dans les bois. 

Quelques instants plus tard, ils étaient derrière les canons. Les humains ne se doutaient de rien. Les flèches partirent, Wyrdfell se souvint d’avoir visé un soldat portant une des pierres rondes vers une bouche à feu. Tous s’écroulèrent, gorges transpercées, têtes empalées, tendons tranchés dans un même mouvement, comme des pantins soudain privés de cordes. Mais les autres oreilles-rondes ne purent pas réagir, car la garde éternelle agissait.

            Tout commença par un simple murmure, faible, et grave, entonné par l’ensemble de l’Ost, puis le son devint de plus en plus aigu, et fort pour s’achever comme un cri de haine, une vague de peur pure tombant sur l’ennemi. Puis ce fut le silence. Et le son reprit. Trois fois. La suivante, Le chef de l’armée s’avança de trois pas, tira son épée, la pointa vers les humains, et commença à marcher dans leur direction, suivi par la ligne de gardes eternels. Basse, un murmure ; les soldats marchent lentement. Baryton, une voix ; le pas accélère, les Saerath s’alignent. Ténors, un chant; les dryades rejoignent le chœur. Alto, un cri ; la course des enfants d’Athel Loren devient une charge, la ligne des boucliers semble onduler face aux humains. Soprano, un hurlement de bête blessée ; les elfes sont sur eux, mais ils ne peuvent bouger. Silence complet, les lames sont à un cheveu de la peau.

            Hurlements de douleur des piquiers. Les premières lances sont encore à l’horizontale, figées dans les corps que la vie abandonne, et déjà les longues épées à simple tranchant tournent dans la chaire qui ne semble pas résister. Plus loin, les forestiers sortent de leurs cachètes, couteaux tirés. Ceux qui fuient sont égorgés…

             Et au milieu du massacre, Wyrdfell voyait deux elfes s’embrasser…

« - Lui est mort, Elle est ici. » Le forestier se releva et jeta un regard surprit vers la petite elfe qui venait de compléter ses pensées.

- Qui êtes-vous, Mademoiselle, et que faites-vous ici ?

- Vous avez plusieurs fois entendus parler de moi, et vous brûliez de savoir qui j’étais. De plus, vous êtes chez moi.

- Seriez-vous La princesse Draya ? Aux dons de divination si reconnus ?

- C’est moi, mais n’essayez pas de me flatter, forestier, je vois tout dans votre tête.

- Je n’oserais pas.

- je le sais, Forestier. » Lui répondit la petite elfette. Puis, changeant de sujet « Il était votre ami ? Le mort, je n’arrive pas à voire son nom.

- oui, il l’était. Son nom était Skölir Andlà ; et il fut mon chef, et camarade durant de longues années. C’est le père de notre princesse, Aiedail héritière du Clan. Mais vous le saviez, sans doute.

- Je ne vois pas tout, forestier.
 
- Dame Draya ; le conseil vous demande, interrompit un des gardes de la porte. La petite fille entra à son tour dans la salle. Wyrdfell en était certain, ce n’est pas cette génération qui causera la perte d’Athée Loren.




............*............*............*............




        En tant que membre du conseil, ainsi que messager personnel de Dame Drihel, Erisdar-Vodhr disposait lui aussi de ses propres appartements. Cependant, au cours de sa vie mouvementée, il s’était plié à une règle précise, bien qu’étrange : toujours dormir dans le lieu correspondant à ses occupation: dans une tour de guet en cas de guerre, dans ses appartements lors des longues séances du conseil de Tal Drost, et dans le cas présent, avec les autres membres de la compagnie. Mais la veille, un garde était venu les prévenir d’une séance au conseil prévue aux premières lueurs du jour. Aussi le mage s’était-il empressé de déménager ses affaires. Son nouveau logis était en permanence occupé par des centaines de petits animaux allant du corbeau au lapin, en passant par la chauve-souris ordinaire et jusqu’au renard éthéré de Wydrioth. Plusieurs personnes estimaient que les deux étages des appartements du sorcier contenaient autant de créatures qu’une forêt entière.

         Le lendemain, avant l’aube, le tisseur de charmes tenta d’apprendre les rudiments du jeu de dame à un groupe de hérissons « surement très prometteurs ».  Les élèves commençaient tout juste à comprendre l’utilité (ou la non utilité) des cases blanches quand un garde eternel vint prévenir Erisdar-Vodhr que le conseil était convoqué sur le champ. Il mit donc son manteau de cérémonie, son chapeau sombre d’où tombaient des morceau de mousse, et fit entrer le soldat afin de l’aider à tirer son bâton du plancher, où il s’était fermement enraciné durant la nuit. Puis, le garde conduisit le mage au conseil, par l’une des portes qu’utilisaient les douze membres de celui-ce ; bien qu’il était très rare que plus de sept d’entre eux soient présents au même moment. D’après le soldat, ils étaient ce jour là six présents au hall, et tous souhaitaient participer la séance du jour. Le garde ouvrit une porte et s’esquiva pour laisser passer Erisdar-Vodhr.

         Le conseil était dans une grande grotte. Partout les yeux se posaient sur des stalactites et stalagmites de pierre. A de nombreux endroits, la pierre était recouverte d’un tapis de minuscules fougères d’où surgissait de temps à autre un champignon.  A quelques mètres de sol, plusieurs ouvertures en formes d’arches sculptées faisaient entrer un peu de lumière. La plupart des rayons tombaient au centre de la pièce, sur une bande de terre qui s’avançait depuis la grande porte de bois dont nous avons vu l’autre côté tout à l’heure. Cet espace était entouré de pierres gardiennes et délimité par un ruisseau large d’une longueur de lance. Parfois, on entendait le bruit d’une goutte qui tombait d’une stalactite dans l’eau. De l’autre côté, les membres du conseil commençaient à arriver, comme Erisdar-Vodhr, par des escaliers taillés dans la roche depuis des portes situées à des hauteurs inégales.

         A l’arrivée du tisseur de charmes, un autre elfe se retourna. Il était de petite taille, le visage rond, et portait lui aussi une longue robe de sorcier, mais il était impossible de trouver un coin de tissu sur celle-ci qui ne soit pas recouverte pas une poche, elles-mêmes recouvertes d’autres poches plus petites. De chacune d’elles dépassaient un bout de parchemin, une plume, une fiole, ou une quelconque herbe mystérieuse. En voyant le sorcier, il s’exclama :

        - Erisdar-Vodhr ! Vieux randonneur ! Tu es là toi aussi !

- Eh oui, Taloïm le tier-fou, tu ne seras pas seul à cette discussion. Comment vas-tu depuis l’année dernière ?

- Pas trop mal, mais nous discuterons de tout ça plus tard. Sais-tu de quoi traite l’ordre du jour ?

- Pas plus que toi. Mais si ceux avec qui je voyage y sont liés, pour une fois, nous ne nous ennuierons pas.

- Pour une fois ? Rappel-moi à quand remonte la dernière tentative d’assassinat sur Dame Drihel?

- À propos de la Reine…

         Les deux érudits firent face à l’escalier le plus large d’où descendait Dame Drihel, fille de Dame Daliem, Reine de Cythral, Protectrice du Nord, Gardienne des Murs et Porteuse de la harpe. Chacun de ses titres était clairement affiché avec majesté par un symbole reconnaissable: sur son front, on voyait le diadème de fer du Sud-Est, d’où tombait jusqu’à son bras une chaîne dont chaque anneau retraçait une année de règne. Elle portait sur l’avant-bras un petit bouclier rond de bois stellaire, et sur sa cape flottait son blason : la lance du Garde, et la clef du Geôlier. Mais malgré cette assurance manifeste, Erisdar-Vodhr percevait à chaque entrevue un peu plus le sentiment de peur qui habitait la Reine : Ce jour là, comme souvent depuis quelques années, elle portait une cotte de maille de Vif-Argent sous sa robe blanche et émeraude.
Ils baissèrent la tête.

- Ma reine.

- Messire Erisdar-Vodhr, Messire Taloïm. Je suis heureuse de vous voire ici, le sujet du jour nécessite au moins vos deux sagesses.

         D’un pas mesuré, elle marcha vers le trône royal. Puis, elle fit appeler un serviteur. Celui-ci, un petit elfe qui semblait à peine suffisamment intelligent pour la fonction qui allait lui être confiée, arriva en courant d’un couloir situé au raz de sol. La reine lui ordonna d’aller quérir les autres conseillers, puis de revenir « en vitesse » pour maintenir le bâton du magicien au dessus du sol durant la cérémonie.

-il a renversé du vin sur ses cheveux l’été dernier ; lui souffla Taloïm en pouffant.

         Le serviteur revint peu après, toujours au pas de course, suivit de près par Sire Faoghir, le grand maitre des patrouilleurs de Cythral. À peu près au même moment, Dame Weldenmaëla et Sire Lingahan entraient. Tous les membres du conseil prirent place autour de l’espace central, à égale distance les uns des autres. Seul le seigneur Lingahan était debout, car depuis quelques années, la garde éternelle avait reçu la charge de protéger les hautes tours de Tal Drost, et que le rôle de garde du corps de Dame Drihel était associé à cette responsabilité. Le pauvre serviteur avait eut droit à un siège, mais son bras était toujours levé, tenant la branche-qui-pousse à un pouce du sol.

         La Reine de Cythral leva la main et deux gardes eternels tirèrent les lourds battants de la porte, laissant entrer la princesse Aiedail, dont l’avenir allait être débattu.
        La petite fille s’avança de quelques pas, se figea, et repartit vers le centre de la pièce. Puis, elle salua selon l’étiquette les membres du conseil un par un, en terminant par la reine.

- qui es-tu, toi qui s’avance dans Tal Drost, déclama le seigneur Faoghir
la petite elfe répondit d’une voix hésitante :

-  Je suis la princesse Aiedail, fille de la princesse Weldenmaela et du chef Skölir Andlàt, du clan Yawë de Cythral.

- combien de Réveils as-tu connue ?

- je verrais ma dix-septième année au prochain printemps.

         Un murmure parcouru le conseil, et Dame Drihel lança un regard de désapprobation vers Weldenmaela. Après ce bref interrogatoire, le patrouilleur se rassit. La reine prit la parole à son tour, en s’adressant à tous :

- Membres du conseil de la Tour-Porte, vous n’ignorez pas la malédiction qui accable la Princesse Weldenmaela, ici présente. Sachez que ce mal grandit de jour en jour, et que dans peu de temps, il n’y aura un siège vide parmi nous. Avant de partir pour son ultime voyage, elle m’a, comme la lui permet la tradition, suggérée un successeur au conseil : sa fille. En temps normal, cette décision m’appartient, mais compte tenu de l’âge de celle-ci, j’ai tenu à rendre ce choix commun : peut-elle oui ou non prendre cette place ?

         La petite fille paraissait abasourdit. Les réactions fusaient :

- Elle n’a pas cent ans ! C’est impensable !

- Quelqu’un qui n’a jamais tenu une lame !

- Une enfant !

- Certains humains auraient plus d’expérience et une plus grande sagesse.

         Alors que les réprimandes du patrouilleur, du chef des gardes et de Taloïm le sorcier continuaient ; La reine et la chef du clan échangèrent un bref regard qui n’échappa pas au tisseur de charmes. Ce dernier, silencieux, attendait avec un sourire en coin la contre-attaque tout en pensant :« deux à trois, ce n’est pas le moment de parler». Weldenmaela se leva et interrompit le flux de critiques d’un mouvement de la main :

- messeigneurs, je vous demande de cesser immédiatement ! Vous n’avez aucune raison de discréditer ainsi ma fille, Aiedail tueuse de nains. De nombreux membres du clan lui doivent la vie ! Elle m’a elle même protégée de nombreuses fois durant les dernières semaines. Vous pouvez certes accuser son âge, mais en aucun cas ses talents !

- elle vous a sauvée vous ! S’exclama Sir Faoghir, estomaqué. La première épée du Royaume ! Mes excuses, Mademoiselle, vous avez toute ma considération, dit-il en se tournant vers la petite elfe.

        « Trois à deux » songeait le sorcier.

- allons, répondit Taloïm, mon ami, vous n’allez pas miser les prochaines années du royaume sur une –impressionnante, peut-être - mais bien petite suite de combats, soyez un peu constant.

- mon cher magicien,  quand on doit comme moi et mes hommes affronter chaque jour des esprits déchainés, les armes comptent plus que tout. Rien ne me dit que cette suite prendra fin.

- votre raisonnement est absurde.

- mais définitif.

- il ne suffira pas d’un seul vote pour lui donner cette place. Elle est trop jeune, et vous ne pourrez rien y changer pour l’instant. Je suis près à bloquer l’unanimité.

- mon ami, le reprit Erisdar-Vodhr, serez-vous près à accepter la princesse Aiedail comme membre du conseil quand elle aura atteint ses cent ans ?

         Le vieux sage réfléchit un court instant, pendant lequel un papillon orangé eut quand même le temps de traverser la salle sous le regard attentif du petit serviteur. Puis il répondit :

- cette condition me paraît recevable.

- reste Sir Lingahan, car pour ma part, je préfère rester sans opinion. Messire ?

- si l’âge est respecté, et qu’elle sait se battre, je ne vois qu’une seule condition à mon approbation : sa loyauté : que sait-on de son allégeance dans quelques décennies ?

- vous doutez de ma fille ? S’insurgea la chef du clan, qui s’était mit debout en un instant.

- n’ayez crainte, Madame, je n’aurais pas cette stupidité car j’ai entendu le récit de votre voyage. Cependant, j’estime que, par sécurité, il faudrait…

         Il fut interrompu par l’entrée dans la salle de la petite princesse de Cythral, Damoiselle Draya. Celle-ci vint se mettre à coté d’Aiedail, et salua à son tour le conseil. « Elle grandit toujours », pensa le tisseur de charme. Puis elle dit à la reine en tout simplicité :

- Ma mère, j’ai vu que vous aviez besoin de moi, alors je suis venu.

        « Ses dons sont chaque jour plus développés… » Remarqua Erisdar-Vodhr.

- Ma fille, ce n’est pas moi, mais Sir Lingahan qui requière ton aide. Il cherche un moyen de s’assurer de la fidélité de la princesse Aiedail ici présente.

- Ce que je proposais, ce serait d’imposer une épreuve à la princesse, et j’ai effectivement pensé à vous pour déterminer celle-ci en sondant son esprit.

- Très bien.  Pourriez-vous vous asseoir, princesse ?

         La petite princesse de cythral ne bougea pas tout de suite. « Elle ignore ce qu’elle fait là » pensa le sorcier « il n’y a qu’à voir son regard pour ressentir son angoisse ». Après presque une minute entière de silence seulement coupé par le bruit de l’eau, elle finit par obtempérer. La jeune devineresse plaça ses mains sur la tête de l’autre elfe, et commença à psalmodier. Tout le conseil était attentif au moindre mouvement des lèvres de Draya. Celle-ci ouvrit finalement les yeux et se tourna vers le conseil :

- son avenir est…brumeux. J’ai discerné peu de choses, si ce n’est une : lui demander de vous narrer dans le détail le voyage qu’elle va entreprendre sera une promesse pouvant vous apprendre beaucoup, tout en étant une promesse qu’elle va tenir.

- Parfait, merci ma fille, ton aide me fut encore une fois précieuse. Je proclame donc que la Princesse Aiedail, fille de la Princesse Weldenmaela accèdera à la place de sa mère au conseil à sa majorité de cent années à la condition qu’elle jure sur les dieux et sa vie de nous apprendre tout son possible sur son voyage quand elle en rentrera. Pricesse, tiendrez-vous cette promesse?

         Elle n’hésita pas une seconde : « oui, je le jure ».





............*............*............*............


         La petite elfe de Cythral passa la porte. Elle se trouvait désormais dans un petit couloir peu éclairé au bout duquel il y avait une autre porte identique à la première. Elle se demandait si elle devait avancer ou non, et choisit finalement de faire un pas. Mais celui-ci fut interrompu par quelque chose :

« Tu souhaites la puissance absolue jeune elfe ? »

« Un pouvoir sans limite est à ta portée… »

« Le désires-tu ? »

          La princesse se figea, pétrifiée de terreur. La voix était dans sa tête, venant de nul part mais raisonnant dans tout son être. Elle resta un moment immobile, avant de dire, à voix basse, et encore tremblante :

« êtes-vous un esprit ? Voulez-vous m’utiliser ?

- Je vois ton âme et tes pensées, ne parles plus, pense et je répondrais. Je suis l’un des cinq grands esprits qui ont fuient après la Guerre du chaos en Athel Loren, et je compte effectivement me servir de toi.

- je…je ne peux pas bouger…

- non, tu dois m’écouter jusqu’au bout. Et surtout ne pas faire de bêtises. Je connais tes pensées et ta haine des nains. Tu ne le montres pas beaucoup, mais tu rêves de ces créatures mortes dès que tes yeux se ferment, n’est ce pas ? Je te donnerai la puissance nécessaire pour les tuer tous jusqu’au dernier. Qu’en penses-tu ?

- comment savez-vous cela sur moi?

- je sais tout de ceux qui sont ou qui se sentent perdus… maintenant tu vas entrer dans la salle et agir comme je le dirais. Avance-toi vers le conseil, c’est le moment pour toi de subir une épreuve.

          L’elfe fit nouveau pas en avant, ne sachant pas si elle pouvait se mouvoir à nouveau, mais elle semblait désormais libre. Lorsqu’elle arriva devant la porte, deux gardes à l’intérieur du conseil tirèrent les battants. Ses yeux furent en partie éblouis un instant par le contraste de lumière entre le couloir et le conseil, bien que celui-ci fut assez peu lumineux. Cette idée, inspirée par le sorcier Taloïm, permettais de protéger en partie la reine contre d’éventuels tireurs. La princesse se retrouva dans une sorte de grande caverne à moitié sauvage. C’est du moins l’impression qu’Aiedail eut en passant la porte : des pointes de roches développées par l’eau et le temps ornaient toute la pièce, et la végétation recouvrait toutes les surfaces. Ce n’est qu’après quelques instants qu’elle fit attention aux fenêtres lumineuses et aux escaliers de pierre, quasiment les seuls éléments d’architecture. La jeune fille compta six membres du conseil assis, dont sa mère, et un debout qu’elle identifia à son heaume d’or et d’argent comme étant le seigneur Lingahan, dont elle avait appris les exploits quelques jours plus tôt. La reine était sans doute la femme à coté de lui, mais la symbolique des éléments qui la couvraient échappait à Aiedail qui connaissait bien mieux les armes et les secrets des frontières sud qui le protocole et que l’étiquette. Les étranges entortillements des brins d’herbe à son passage –preuve indiscutable d’une présence magique - lui rappelèrent brutalement l’invisible esprit. Elle se figea.

« Ne crains rien, et répond comme si je n’étais pas là : personne ne te croirait si tu parlais de moi

- pourquoi maintenant ? Pourquoi venir me tourmenter alors que vous savez combien cette entrevue m’effraie ?

- parce que je désire que tu fasses les bons choix. Continue et ne t’arrête plus.

          La jeune princesse obéit et se plaça au milieu de l’espace centrale, dont elle nota la ceinture de pierres gardiennes protégeant les membres du conseil contre d’éventuelles attaques. Peut-être qu’en passant de l’autre coté, elle pourrait échapper à la présence... « Les êtres de chaires ne passent pas non plus la protection » trancha l’esprit, la coupant net dans ses réflexions. Dépitée, et inquiète que cette chose connaisse ses pensées, elle salua comme elle l’avait appris les membres du conseil un par un, en terminant par la reine.

- qui es-tu, toi qui s’avance dans Tal Drost, déclama le seigneur Faoghir, qu’Aiedail avait reconnu à son capuchon sombre à liserai de cuir or fameux sur toutes les frontières.

          La petite elfe répondit d’une voix hésitante, intimidée par tant de cérémonie et s’attendant à une quelconque réaction de l’esprit, mais celui-ci resta silencieux :

-  Je suis la princesse Aiedail, fille de la princesse Weldenmaela et du chef Skölir Andlàt, du clan Yawë de Cythral.

- combien de Réveils as-tu connue ?

- je verrais ma dix-septième année au prochain printemps.

          Dame Draya mit fin aux brouhaha qu’avait déclenché cet aveu. Aiedail fut surprise par sa voix : elle n’était pas très forte, ni très autoritaire, mais elle semblait résonner dans chaque coin de la salle et dans chaque tête.

- Membres du conseil de la Tour-Porte, vous n’ignorez pas la malédiction qui accable la Princesse Weldenmaela, ici présente. Sachez que ce mal grandit de jour en jour, et que dans peu de temps, il n’y aura un siège vide parmi nous. Avant de partir pour son ultime voyage, elle m’a, comme la lui permet la tradition, suggérée un successeur au conseil : sa fille. En temps normal, cette décision m’appartient, mais compte tenu de l’âge de celle-ci, j’ai tenu à rendre ce choix commun : peut-elle oui ou non prendre cette place ?

          Aiedail n’en revenait pas : elle s’attendait à tout sauf à ça. Pendant un instant, elle en oublia même la présence de l’esprit. Si elle les avait écoutés, elle aurait sans doute approuvée les affirmations des conseillers qui argumentaient fort sous les voutes de pierre, d’autant que jamais l’idée d’entrer au conseil ne l’avait intéressée autrement que de très loin. Mais elle n’entendit pas car la voix se fit entendre à nouveau :

« Ils en ont pour un moment, à discuter de toi. Mais ne craint rien, le jugement final sera en ta faveur

- Que signifie « en ma faveur » ? Vous connaissez l’avenir ?

- Très peu d’êtres voient l’avenir de façon précise, et une seule parmi les miens a ce pouvoir. Mais elle m’en a dit suffisamment pour savoir que tu sortiras de cette salle membre du conseil.

- Vous ne me dites pas qui vous êtes, comment voulez-vous que j’approuve votre offre ? Je ne sais même pas ce que vous demandez en retour.

- Je demande à ce qu’un jour, tu agisses pour moi, comme je le ferais moi même.

- Tout cela est trop mystérieux pour un accord.

- Je te laisse tout le temps d’en décider. Mais apprends que d’autres parmi ta race ont eu à faire un tel choix il y a des siècles. Tu y réfléchiras plus tard. Aujourd’hui, il te suffit juste d’accepter le rôle que ces hauts personnages te proposent.

- pourquoi le devrais-je ?

          Avant que l’esprit ne puisse répondre, la porte du conseil fut à nouveau ouverte, et une autre jeune elfe entra. Rien dans ses parures sobres ou dans ses vêtements ne semblait la différencier des autres enfants de la Tour-Porte, mais Aiedail ne pouvait s’empêcher de lui trouver une démarche fière et des gestes précis. Ses yeux plissés et son front assez grand lui donnaient un air savant, que la petite princesse du clan jugea propice aux intrigues ou aux ruses de la cour. Celle-ci fit un pas de coté pour céder la place à l’arrivante qui baissa la tête devant le conseil presque naturellement. Puis elle fit face à Dame Drihel.

- Ma mère, j’ai vu que vous aviez besoin de moi, alors je suis venue.

- Ma fille, ce n’est pas moi, mais Sir Lingahan qui requière ton aide. Il cherche un moyen de s’assurer de la fidélité de la princesse Aiedail ici présente, répondit la reine.

- Ce que je proposais, ce serait d’imposer une épreuve à la princesse, et j’ai effectivement pensé à vous pour déterminer celle-ci en sondant son esprit expliqua le seigneur de la garde.

- Très bien.  Pourriez-vous vous asseoir, princesse ? »

        Aiedail tenta d’obéir à la demande de la nouvelle arrivante, mais comme dans l’antichambre, une force l’en empêcha.

« Que faites-vous ?

- Cette petite peste n’était pas attendue. Il ne faut pas que qu’elle découvre ma présence, ni qu’elle apprenne quoi que se soit sur notre accord.  Alors surtout ne pense pas à moi, elle saurait tout.

- Ne pourrais-je pas tout simplement la laisser vous trouver ? « Notre accord » ne me semble toujours pas favorable…

- Crois-tu vraiment que tu pourrais lever une armée suffisante pour vaincre les demi-hommes sans un siège au conseil ? Et peux-tu imaginer que cette future reine laisserait la droite de son trône à une petite fille qui rêve de morts et de massacres ? Cette place au conseil, je te l’offre, car je peux cacher certaines choses dans les brouillards de l’inconnu. Mais je ne peux pas dissimuler ce que tu voudras montrer à cette gênante divinatrice. Alors si tu acceptes ma faveur, par les écailles de Draugnir, fait ce que je dis.

- Dites moi votre nom et je le ferais !

          La petite elfe entendit résonner dans sa tête trois syllabes. Elle réalisa alors l’étendu de l’offre que l’esprit venait de lui faire. Elle se mit en tailleur et la Princesse de Tal-Drost entama un enchantement. Au bout de quelques instants, Aiedail sentit une nouvelle présence dans sa tête qui paraissait arpenter ses souvenirs et sa mémoire pendant que le premier esprit devenait presque invisible à toutes perceptions. À chaque fois que la petite elfe pensait à quelque chose, la nouvelle présence semblait accourir pour détailler le moindre bout de cette pensée, mais repartait à ses recherches au bout de quelques secondes. Plusieurs fois, au moment de toucher certains souvenirs, l’intrus allait s’égarer un peu plus loin, et le souvenir en question parut flou dans la conscience de l’elfe. Finalement, la présence se retira. Aiedail entendit la voix de l’esprit lui murmurer « bien, petite fille». La jeune devineresse affichait un visage soucieux tandis qu’elle déclarait :

« - son avenir est…brumeux. J’ai discerné peu de choses, si ce n’est une : lui demander de vous narrer dans le détail le voyage qu’elle va entreprendre sera une promesse pouvant vous apprendre beaucoup, tout en étant une promesse qu’elle va tenir.

- Parfait, merci ma fille, ton aide me fut encore une fois précieuse. Je proclame donc que la Princesse Aiedail, fille de la Princesse Weldenmaela accèdera à la place de sa mère au conseil à sa majorité de cent années à la condition qu’elle jure sur les dieux et sa vie de nous apprendre tout son possible sur son voyage quand elle en rentrera. Princesse, tiendrez-vous cette promesse? »

         Mais ce sont d’autres mots qu’entendit à nouveau la petite elfe :

« Tu souhaites la puissance absolue jeune elfe ? »

« Un pouvoir sans limite est à ta portée… »

« Promets-tu de me faire enfin confiance ?»

Sa réponse s’adressait aux deux déclarations, et quatre mots scellèrent deux pactes : « oui, je le jure ».

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeMer 22 Avr - 17:04

Toujours rien à reprocher, si ce n'est que tu nous laisse sur notre faim en publiant seulement le début du chapitre dwarf

La suite ! Wink
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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeMer 22 Avr - 23:00

§§§ Bonsoir Enfants de la forêt.

§§§ Ethgri wyrda tu écrit
Citation :
jeune elfe –à peine l’âge d’une humaine –
§§§ Il faut que tu comprenne que les Elfes sont adulte lors qu'il atteigne plus de cent printemps et que si ils ont l'âge d'un humain ce la signifie qu'il sont encore des enfants.

§§§ Bonne soirée.

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeMer 22 Avr - 23:33

yen, ce n'est qu'une enfant dans le vaste et terrible monde de warhammer.

par "l'âge d'une humaine", je voulais dire qu'elle n'avait pas encore dépassée l'âge maximal d'un humain, comme tu le dis, environ cent printemps.

après, il faudrait lancer un débat sur le vieillissement des elfes: deviennent-ils adultes au même rythme que les humains, ou leur croissance est il proportionnel ?

La suite arrive, j'espère réussir un petit effet chronologique...

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitimeJeu 23 Avr - 0:55

§§§ Les Elfes sont immortels mai comme toute race ils ont une enfance

§§§ Bonne nuit.

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie  Icon_minitime

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