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 histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie

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ethgri wyrda
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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    Jeu 4 Juin - 11:42

attention, suite longue, bonne lecture. study

_________________
Ennemis de Loren
Retiens cette morale
Sache que notre haine
Pour toi n'a pas d'égale

Tes nombreux congénères
Se sont tous fait tuer
Et bientôt en enfer
Tu vas les retrouver
             

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Iskandar

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    Sam 20 Juin - 10:09

Salut ! Je passe enfin par ici pour la suite de cette histoire ô combien enchanteresse Very Happy

J'aimerais savoir si l'on arrive enfin aux véritables péripéties... Le conseil de Cythral me rappelle trop le conseil d'Elrond en fait dwarf
Je suis toujours fan du tisseur de charmes !!!

Et j'attends que la princesse remplisse sa promesse : nous raconter son voyage ! salut
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ethgri wyrda
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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    Mer 7 Oct - 17:51

après la fin du 4 (ci-dessus), voilà le début du chapitre 5, et des vrai péripéties. Maintenant, l'intrigue est posée.
désolé pour la petite taille de ce début, mais il y a tant d'autres trucs en projet (et des devoirs aussi, helas) et je n'arrive pas à écrire avec toutes ces choses dans tout les sens  Embarassed
Et la sortie des Légendaires 18 ne va rien arranger…



Chapitre 5
Le voyage commence

III, 1249,3,38

Toute la compagnie quitta le Hall du Sud quelques jours plus tard, les sacoches portées par leur coursier ayant été alourdies par plusieurs cadeaux offerts par la Reine en personne, à l’occasion de sa dernière rencontre avec sa vassale. Selon la coutume, la nature des cadeaux que se donnent les elfes de noble famille entre eux reste inconnue de celui qui le reçoit en présence de celui qui le donne ; Ainsi, le premier témoigne de sa confiance envers le second.

C’est donc chargés de trois mystérieux paquets qu’ils se remirent en marche sur la rive nord du fleuve Brienne dans l’espoir de rencontrer quelques pécheurs qui pourraient leur indiquer le chemin le plus court vers la Clairière du Roi, au cœur du royaume de Talsyn.  La veille du départ, Damoiselle Draya avait en effet été prévenue en songe que le maléfice qui atteignait Dame Weldenmaela risquait de les empêcher de finir le voyage si personne ne venait entretenir le contre-sortilège. Or, Il y a peu de magiciens en Athel Loren capables de d’entretenir une telle magie : on les compte sur les doigts d’une main, et c’est donc logiquement à la recherche d’une route vers la cour de la Reine-Magicienne Ariel que la compagnie se mit en route.

Après moins d’une demi journée de marche, ils rencontrèrent un cavalier venant du nord. Il était messager et portait une missive depuis le chêne des Âges jusqu’à la capitale de Cythral. Celle-ci se présentait en ces termes :

« Rois et Reines, Elfes et Amis
La chasse du Grand Orion fut cette année splendide, la gloire immense et les exploits nombreux. Mais la puissance du Chasseur fut largement dépensée dans la traque des chimères et des géants de pierre du Nord. Bien que les trophées aient été nombreux, ses forces ont décliné au cours des derniers mois. À cause de cela, le Dieu Sauvage va-t-il aller au bucher funéraire plus tôt que coutume cette année. Hélas, il n’y a pas de renouveau sans fin complète, et Moi, Ariel, Reine d’Athel Loren et Incarnation d’Isha, je m’en vais aussi me retirer pour une saison à l’abri du Grand Chêne dans les prochains jours.
L’hiver est précoce. Que votre courage soit ardent comme le soleil d’été.»


Le cavalier, parti depuis deux jours de la cour, ne put fournir plus de nouvelles sur la date à laquelle la Reine d’Athel Loren comptait hiverner. Le risque d’arriver trop tard devant Ariel-Isha était trop grand, au vu de la nouvelle qu’apportait le cavalier. Le groupe décida donc de changer de direction : Parmi les différents lanceurs de sorts de la grande foret, une seule autre était suffisamment puissante et proche : Allisara, Sœur d’Ariel et reine de Modryn, grande prêtresse de Lileath. La compagnie choisit donc de suivre le fleuve vers l’ouest vers le royaume que l’on appelait à l’époque Modryn la Plaines des Sourires. Le messager leur indiqua un village de pécheurs à une demi journée de marche, en remontant un affluant du Brienne qui s’enfonçait durant quelques kilomètres dans les terres. Là, Weldenmaela ouvrit le premier cadeau royal : il contenait un boite remplie de petits diamants que l’on appelle  « gouttes d’astres ». Moins d’une dizaine d’entre eux suffirent à acheter deux longues barques de bois de chêne. Elles mesuraient près de huit mètres de long chacune depuis la proue à la poupe, où se trouvait un coffre scellé pour tenir au sec son contenu. Après une nuit de sommeil chez les villageois, ils se remirent en route.



............*............*............*............


« - Messire le saltimbanque, veillez cesser tout de suite vos gesticulations, vous faites tanguer la coquille de noix dans laquelle j’ai le malheur d’être embarqué. »

Le danseur fit une dernière pirouette avant de se rassoir à l’avant de la barque. Erisdar-Vodhr, qui était assis juste derrière, grommela quelques jurons. La dernière à bord était la dryade Etrechea, qui laissait nonchalamment trainer quelques branches dans l’eau. Depuis le début de la journée, elle avait prit une l’apparence d’une femme humaine qui paraissait jeune ou âgée selon l’instant. Plusieurs longues branches ornées de feuillage tombaient comme des cheveux presque uniformément de tout les cotés de sa tête, si bien que les expressions de son visage était souvent cachées. Son teint s’était fait plus pâle, ces derniers jours, et ses feuilles, déjà jaunes, viraient à l’or. La veille, l’une d’elles était même tombée : La dryade s’était assise un long moment en la contemplant, avant de la déposer dans le creux d’un arbre mort.

« - Vous me demandiez de rester enfermée à l’intérieur quand nous étions au Hall, de rester à bord ici, et maintenant vous me retirez ma seule distraction ? dit-elle

- Vous comptiez vraiment sortir au milieu de tout les rangers qui gardent la Tour-Porte? Nous n’étions déjà pas bien vus avec ce zouave d’adepte de Loec, alors imaginez avec un esprit ! Vous ne savez pas ce qu’il a fallu jurer pour vous garder en vie pendant ces quelques jours…

- Que vous ayez peur des certains esprits, j’arrive à le concevoir, mais je ne vois pas pourquoi vous vous craignez entre elfes, alors que vous vous ressemblez autant.

- Et bien, c’est simple, ceux-là sont comme leur dieu : Voleurs, rusés, menteurs, tricheurs…

-…Poètes, charmeurs, amicaux…

-…curieux, comploteurs…

-…habiles bretteurs, vifs d’esprit…

-…prétentieux, buveurs…

-…Danseurs avant toutes choses !


- Et surtout promptes à couper la parole !

- Excusez-moi mestre.

- Ils sont beaucoup de choses en même temps, ces adorateurs de Loec… conclut l’esprit des bois.

Les trois membres de la compagnie étaient séparés du groupe depuis l’aube : Pour les deux elfes, la nuit chez les villageois ne fut pas tant une nuit de sommeil qu’une nuit de jeu, Finiarel ayant découvert opportunément quelques cartes à jouer dans une échoppe. Le matin, le soleil était déjà haut sur cette rive du fleuve quand ils ouvrir les yeux, réveillés par le vent hivernal qui soufflait depuis l’autre coté du Brienne. Seule Etrechea était restée avec les joueurs, les autres compagnons partant en avant afin d’avoir le temps de chasser, ce à quoi la dryade ne souhaitait pas participer. Le point de rendez-vous était fixé un peu avant les bords du lac de Crystal, à une demi-journée de là.

Les compagnons n’eurent pas beaucoup d’efforts à fournir, un léger courant entrainait doucement l’embarcation, et Finiarel n’avait que quelques coups de rame à donner pour, de temps en temps, aller d’une rive à l’autre et admirer les pins sombres et enneigés à gauche, mais où parfois l’eau portait une fine couche de glace hivernale, avant de repartir vers l’autre rive, que l’automne enflammait. C’est finalement sur celle-là qu’ils débarquèrent, sur une petite plage qui montait en pente douce, se changeait en colline, et retombait de l’autre coté vers les eaux calmes du lac de Crystal. Au sommet de la colline brulait un feu de camps. Finiarel sauta de la barque, suivi très vite par Etrechea, qui préférait de loin le contacte de la terre humide à celui du bois de l’embarcation ou au sable du rivage. Ils se hâtèrent tout deux de grimper jusqu’au campement.

Au dessus du feu grillait, faute d’avoir attrapé un quelconque mammifère, un poisson, et Wyrdfell tournait ce déjeuner par à-coups réguliers.  Le fumet était prometteur, bien que la dégustation dévoilera plus tard une cuisson trop longue, et Hlaupa arriva au même instant, porteur de quelques plantes cueillis aux alentours, un assaisonnement à la mesure du plat. La monture Elior, quand à elle, semblait se contenter de l’herbe grasse de la pente descendant vers le lac. Quand au lac lui-même, il était parfaitement circulaire, et pas la moindre vague n’agitait sa surface. Parfois, une feuille volante tombait dans ses eaux, mais aussitôt, elle coulait dans les profondeurs. Chose étrange, un reflet ornait la surface des flots : bien que le soleil de midi brillait au dessus, c’est bien l’astre lunaire qui décorait le centre exacte du lac.

En arrivant au niveau du camp, Etrechea interpela le garde sylvain, désignant un arbre un peu plus loin où courrait déjà le danseur (Erisdar-Vodhr était quand à lui encore sur la plage, son bâton s’étant accroché au fond de leur embarcation) :

« - nous avons des invités pour déjeuner ?

-vous les avez vus ? Deux haflings voraces dans la foret, étrange, non ? On les a attachés là, on ne sait pas quoi en faire. Le plus petit n’avait rien d’intéressant sur lui, mais le gros avait une bonne corde et quelques casseroles, elles sont dans le caisson de notre barque.

- vous les avez interrogés ?

- oui, mais rien à en tirer. Ils disent chercher les terres sombres à l’est pour détruire quelque chose, mais pas grand chose d’autre, et rien de plus clair.

Les deux créatures, presque deux fois plus petites que les elfes, étaient attachées dos-à-dos autour d’un arbre, et bâillonnés. Celui de gauche, le plus mince, était brun, et portait un joli bijou autour du coup. L’autre était plus blond, presque roux. Il était plus enveloppé. Il jetait aux elfes un regard de colère, alors que le premier paraissait plutôt  effrayé. Finiarel se posta juste devant les prisonniers et déclara d’un ton solennel, avec toutefois une nuance subtile de moquerie :

« - Oye, oye, Messieurs les petits hommes, pour la première fois devant vous, Finiarel d’Edur Edoc’sil va vous raconter la légende qui entoure ce lieu, et pour la première fois, des étrangers vont assister à ma représentation. Quelle joie pour un artiste que  d’avoir un nouveau public ! »

Le passage suivant ne peut être écrit, tant les danses des suivants de Loec sont étranges et échappent à toutes description : ils ne sont pas un seul personnage, mais une foule, les héros, les passants, et parfois, ils arrivent même à devenir en plus de tout cela le paysage du conte ; hélas, les haflings n’y prêtèrent que peu d’attention et se préoccupèrent plus de leurs liens que de la danse. Mais afin que vous fassiez une idée du récit, voici la Légende de la plaine Triste, telle qu’elle est écrite dans les livres de notre tisseur de charmes :

À l’époque où les elfes établissaient des villes sur les côtes des terres de l’est, les dieux elfiques étaient avec eux, et se plaisaient à explorer à leur suite les mystères de ce monde. Les plus admiratifs étaient Isha, émerveillée que tant de créatures végétales et animales se soient rependues de part le monde, et Kurnous, qui se mit à traquer de moins en moins sur la Grande Île, suivis de bien d’autres encore.

Quand les premiers elfes entrèrent dans celle que l’on appelle Athel Loren, ils ne comprirent pas tout de suite à quel point les lieux étaient au dessus de leur perception, et nombreux furent ceux qui disparurent mystérieusement, sans jamais revoir le soleil. Mais parfois, la Forêt choisissait de laisser entrer quelques elfes, qui ressortaient sans savoir où s’était arrêté la réalité, et où avaient commencés le royaume onirique. Et souvent, ceux-là étaient suivis par une ou plusieurs divinités qui se sentaient elles aussi surpassées par tant de féerie. Et Athel Loren était certaine de pouvoir influencer tous leurs destins.

Un jour, une expédition partit de Tor Alessi avec pour but de s’enfoncer sous les frondaisons plus loin que quiconque avant eux. Le dieu Nethu, laissant la garde de la dernière porte à ses pégases noirs, prit la décision de les accompagner car lui aussi désirait en apprendre plus sur cette contrée sylvestre dont lui parlaient avec tant de lyrisme les morts qui en venaient. Dès les premiers jours de voyage, il prit l’apparence d’un jeune seigneur et se mêla à la foule de l’expédition. Très vite, sa divine vue le distingua parmi les chasseurs et les guetteurs ; nul œil ne voit plus loin que celui du gardien des morts.

Après trois jours de traversée au travers des plaines herbeuses, le regard de Nethu se posa sur une jeune fille qui portait de l’avoine aux chevaux. Soudain, il ressentit quelque chose dans son cœur qu’il ne sut expliquer. Elle portait le nom de Fefae. Elle venait de par-delà l’Océan avec son frère Fefoer pour eux aussi connaître le royaume sylvestre. Chaque jour, elle s’asseyait sur un rocher, et sans arrêt du matin au soir elle tressait ses longs cheveux d’ocre, et tout ceux qui la voyaient étaient en admiration devant les gestes précis de ses doigts de fée.

Mais Nethu ne faisait pas que voire. Il se postait dès le matin à quelque distance du camp, et se mettait à fixer la jeune elfe, ses yeux suivaient chaque mouvement, chaque mèche, et il n’arrêtait sa contemplation que lorsqu’elle devait rejoindre le reste de la compagnie. Au bout de quelques jours de voyage, cette admiration devint une obsession, puis une passion dévorante ; et plus le temps passait, plus il trouvait insoutenable le moment où elle se dérobait à sa vue. Il se mit à haïr tout ceux qui déconcentraient Fefae, qui lui parlait, ou pire encore, qui se mettaient à la regarder eux aussi. Cette haine en lui était de celles qui aveuglent ; et il ne ressentit rien que de la colère quand la colonne de marche entra enfin dans l’ombre des arbres de Wythel, car désormais Fefoer se tenait continuellement auprès de sa sœur, espérant ainsi la protéger des choses des bois : après à peine deux jours, trente elfes étaient portés disparus.

Le dieu des veilleurs ne supporta pas longtemps cette situation, et durant la septième nuit qui suivit l’arrivée en Athel Loren, il enleva Fefae qui dormait, insouciante. Étrangement, la forêt sembla s’amuser de cette action, et un chemin s’offrit à Nethu, mais quand les gardes se lancèrent à sa poursuite, il n’y eut plus d’autre route que celle par laquelle ils étaient arrivés.

Quand elle ouvrit enfin les yeux, Fefae était allongée dans une immense clairière au milieu d’herbes hautes. Nethu était posé sur une branche, tel un corbeau, et il l’observait, ne quittant son perchoir que pour aller chercher de quoi nourrir sa prisonnière. Elle pleura pendant trois jours entiers, resta immobile pendant trois autres, et se mit ensuite à faire la seule chose qu’elle pouvait faire, seule dans cette plaine : elle se mit à tresser ses cheveux. Et Nethu se satisfaisait dans cette vision des mains de l’elfe qui tournoyaient au milieu de sa chevelure.

Cependant, Athel Loren se prit se pitié pour cette jeune créature, et elle guida vers elle les bêtes de la foret, pour la divertir et lui faire oublier un instant sa triste situation. Mais Nethu chassa les animaux de la clairière, car ils troublaient sa contemplation. Pourtant ils revinrent le lendemain, et le surlendemain, et chaque fois, Nethu les chassa, tous les jours pendant un an. Jusqu’au jour où la foret n’en put plus.

Loin de là, Fefoer errait depuis la disparition de sa sœur. Il avait quitté l’expédition dès qu’il avait appris la nouvelle, et l’avait cherchée en vain pendant une année entière, et ses pas l’avaient conduit à l’opposé de sa sœur. Mais Athel Loren avait besoin de lui, et une nuit ses rêves lui indiquèrent le chemin qui menait à la clairière. Il se réveilla en sursaut et courut sans halte pendant toute une nuit, et toute une journée ; et enfin il revit Fefae. Mais sa joie fut soudainement effacée quand il aperçût l’ombre du dieu que le soleil du soir projetait sur toute la plaine.

Fefoer était téméraire, mais pas stupide, et savait qu’il n’avait aucune chance de tuer Nethu. Mais son rêve lui avait dit de fabriquer un filet avec les hautes herbes de la clairière, et que rien ni personne ne pourrait s’en échapper. Alors quelques jours après, alors que le dieu était à la chasse, il alla voir sa sœur. Il fut effleuré par l’idée de l’enlever sur le champ, mais il savait que leur fuite ne servirait à rien tant que le dieu était libre de ses mouvements. Alors ils parlèrent longuement, et quand Nethu revint, ils étaient confiant dans leur destin. Chaque jour, Fefae arrachait un unique brin d’herbe et le tressait, puis quand le dieu allait chasser, elle le donnait à son frère qui fabriquait le filet à l’abri des regards. Mais la forêt les avait bien mis en garde de ne jamais arracher plus d’un brin d’herbe à la fois, pour ne pas éveiller l’attention du dieu-qui-voit-tout.

Cela se passa comme l’avait dicté la forêt, et pendant une autre année, Fefoer fabriqua le filet magique avec la corde que tressait discrètement Fefae. Elle y mêlait aussi chaque jour un cheveu. Mais hélas, toute patience a ses limites, et une année, Athel Loren décida d’en finir. Car la forêt commençait à ne plus supporter la vue des petites créatures qu’elle envoyait, chassées de la clairière et traquées aux alentours sans contrepartie tant par le dieu que par Fefoer qui passait sa frustration de ne pas pouvoir agir sur les bêtes qu’il chassait à son tour. Un matin,  toutes les herbes de la clairière s’étaient liées deux à deux, et Fefae n’eut pas d’autre choix que de tirer du sol plusieurs plantes. Mais quand Nethu revint de sa chasse, il remarqua immédiatement que le vert uniforme de la plaine était devenu irrégulier à ses yeux et, inquiet, il se mit à en chercher la raison. Et il ne tarda pas à la découvrir, car il vit que la jeune elfe cachait dans sa main les deux brins coupables, liés par une fine mèche. Aussitôt, il comprit tout ce qui se passait autour de lui, et il reprit sa lance en main pour traquer un tout autre gibier : Fefoer le chasseur devint ce jour là la proie. Quand le dieu se rua sur lui, il jeta le filet inachevé, mais celui-ci ne fit que lui donner un cour répit, car un filet inachevée n’est pas encore une œuvre.

Le garçon courrait vite, et les arbres s’écartaient sur son chemin, mais Nethu est un dieu, et aucun piège des frondaisons ne pouvait le ralentir. Alors Athel Loren se rendit compte qu’elle n’était pas toute puissante, même entre les arbres. Le soir, le dernier cri de l’elfe retentit dans toute la forêt. Et Fefae, qui n’avait pas quitté la clairière par crainte, entendit, et se mit à pleurer.
Elle pleurait seule dans la plaine
Elle pleurait seule sous la bruine
Elle pleurait sous la pluie
Elle pleurait comme le ciel, pendant toute la nuit.

Le lendemain, les cerfs et les loups qui arrivèrent sur la plaine ne trouvèrent ni elfes, ni dieux. Seul vestige de cette histoire un grand lac d’eau pure, où nul ne vient jamais boire, car personne ne doit souiller la mémoire de ceux qui meurent dans la souffrance. En son milieu, l’eau avait gardée le reflet du dernier ciel de Fefae, tel un ultime hommage au jouet du destin.


Finiarel termina sa danse et salua son public.

« - ‘ous aurions ‘ieux appréchiés chi ‘ous ‘ékions pas akachés à chet arbre.

- Désolé, petites choses, mais je ne comprends pas un mot de ce que vous dites.

- ‘ais ‘ous avons une queq ! ‘ous gevons le géqruire !

- Chut ! Vous abimez le bâillon.

- oh, des demi-hommes, intéressant, s’écria le tisseur de charme qui arrivait (enfin) sur les lieux

- chil ‘ous plait ! ‘ous gevez ‘ous laicher parkir !

- oulà, ils sont bavards, mais on ne comprend rien, hélas…

- enlevez-‘oi che bâi’’on alors.

- Des Nains ! »
Le groupe se retourna à ce cri et ceux qui étaient debout eurent juste le temps de voir passer une flèche qui vint se planter dans la tête du premier prisonnier.

« -Cham !

- Au second ! »

Le tir suivant siffla, et la pointe du projectile frôla le tronc avant de percer l’épaule du second haflings qui poussa un cri étouffé par son baillon. Alors Aiedail sortit du sous-bois, l’arc dans la main gauche et l’épée dans la dextre.

« - Tuez-les ! je...»

Un claquement sec, et la petite elfe fut à terre, se tenant la joue. La chef du clan la surplombait, le regard plein de colère. Puis, elle traina sa fille jusqu’au tronc ou le hafling mourant commençait à se couvrir de sang, celui-ci jaillissant abondamment du front du semi-homme.

« - Est-ce un ennemi ?

Aiedail leva la tête et fixa sa victime. Le visage de celle-ci était presque totalement écarlate, désormais. La source de sang de son front commençait à peine à se tarir alors que, ironiquement, l’épaule de son compagnon se mit à saigner abondamment, presque comme une petite fontaine, suite au mouvement de recul qu’il eut à l’approche de la mère et de la fille.

- Tu es une elfe du clan Du Yawë de Cythral, et en tant que tel, ma devise est, et sera toujours la tienne: « tant vérité que loyauté ». Cette mort était-elle loyale ? il était attaché, désarmé, crois-tu qu’il faillait le tuer ?

- C’était un Nain ! Ils ont tué Père !

- Ce n’est pas un Nain !

Aiedail regarda, abasourdie, sa mère, ses compagnons, puis la créature. Ses traits, déformés par la colère et la haine de détendirent progressivement à mesure qu’elle détaillait le corps sans vie du semi-homme. Pas de barbe, pas de nez démesuré, rien d’autre que deux joues rondes. Et une flèche dans le front. Alors elle d’écroula à genoux. En un instant, la jeune guerrière qui avait combattu et exterminé les meurtriers de son père laissa place à une petite fille effrayée par elle-même.

- Madame, venez, il faut que j’entretienne vos enchantements, intervint Ignasia.

- Je viens. Etrechea, occupez-vous de ma fille, s’il vous plait. Messire magicien, venez aider Ignasia, que cela ne prenne pas trop de temps. Hlaupa, achevez le hafling, je doute qu’il survive à cette blessure.

- Je m’en occupe sur le champ, Dame Weldenmaela. »

Le garde sylvain prit sa lame et détacha le prisonnier. Quand la corde se relâcha, le corps de l’autre demi-homme tomba sur le ventre et la flèche ressortit de l’autre coté du crâne.

« Bon, un duel équitable, petite chose. Alors, tout d’abord, prenez cette arme. Vous êtes blessés ? Voyons ça… » L’elfe se taillada le bras gauche d’un coup d’épée « voilà, voyez, moi aussi. Que manque-t-il… vous ne savez peut-être pas vous battre… mais vous avez une jolie cotte de maille, donc ça compense. Nous sommes donc à égalité. » Il se jeta en avant, et la seconde suivante, le visage du hafling était traversé de trois grandes balafres sanguinolentes. Il avait à peine eut le temps de se relever et d’enlever son bâillon.

« - Y a-t-il quelqu’un pour m’aider à enterrer ces deux corps ? Dame Ignasia, quand vous aurez fini, pourriez-vous me soigner le bras, je crains de m’être éraflé…»

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Dernière édition par ethgri wyrda le Mar 8 Déc - 1:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    Mar 20 Oct - 20:34

Tes suites ne devraient pas être aussi courtes, mon ami. Elles doivent être longues, harmonieuses tel un cours d'eau : tantôt tranquilles, tantôt colériques, tantôt chantantes, tantôt murmurantes.

Allisara, Grande Prêtresse de Lileath... J'ai déjà entendu son nom quelque part...

Je désire en savoir plus ! La suite ! Suite ! dwarf
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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    Mar 8 Déc - 1:54

voilà une suite un peu plus longue. Bonne lecture!

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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    Mer 9 Déc - 21:58

Ma foi, c'est ce qu'il me fallait ce soir. Cette fois encore, je suis profondément admiratif de ta compréhension de la culture asraï, et de ta manière de la narrer thumleft

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ethgri wyrda
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MessageSujet: Re: histoire du clan "Du Datia Yawë" deuxième partie    Dim 4 Sep - 18:17


Chapitre 6
Glace, neige et vent




III, 1249,3,40




         « -on ne peut plus avancer madame, les barques ne sont pas assez solides pour casser la glace.

-  Il n’y a pas un moyen de passer ?  Même en longeant la rive droite ?

- Même sur les bords de Talsin. La bourrasque d’Atylwyth était puissante, son souffle semble même avoir gelé une partie des arbres jusqu’à plusieurs jets de flèches de la rive.

- Encore un détour ! La peste soit du royaume de l’hiver !

- Vous pouvez pester contre lui, mais quels que soient vos jurons, il vous faudra le traverser.

- Et pourquoi donc, Ô Erisdar-Vodhr, grand connaisseur de notre chemin, ne pourrions-nous pas passer par les routes encore automnales de Talsin ?

- Car madame, à moins de porter les barques à bout de bras sur plusieurs lieux, nous n’aurons pas de moyens de retraverser le fleuve ensuite. Car au cas où vous l’auriez oublié, une personne parmi nous a besoin de soins se trouvant sur la rive gauche.

- Votre sens de l’humour est effectivement une maladie, mais visiblement incurable. Débarquons.

- De toute façon, intervint Ignasia, Nous ne sommes surement pas loin de la frontière. Sans doute pourrons nous sortir des terres enneigées en à peine plus d’une journée et être presque au chaud ce soir.

         La compagnie descendit donc des barques sur la rive froide d’Atylwyth. Après les avoir tirées sur quelques mètres, au delà du sable, ils les attachèrent aux arbres, laissant sur un tronc un couteau, afin que ceux qui trouveraient les embarcations puissent les détacher facilement. Puis ils prirent la direction de l’ouest dans la neige.

          La première chose que l’on remarquait en Atylwyth était son silence : très peu d’animaux supportaient le froid d’un hiver continu, et le vent était rare. Mais les bourrasques de ce dernier pouvaient survenir soudainement, diminuant la température en dessous de ce qu’elle était déjà. Elles étaient presque toujours porteuses de neige et de tempête, cette neige venant remplacer celle qui avait fuit les branches sous la force de l’orage.

          Les arbres des terres hivernales étaient tous des conifères à l’exception des rares châtaigniers aux frontières ouest du royaume. Ils n’étaient pas très grands, car le froid permanent générait une poussée lente. Cela avait pour conséquence heureuse de donner un bois très solide, ainsi qu’un combustible chauffant plutôt longtemps pour les quelques habitants.

          Là où étaient ces petits arbres, les elfes arrivaient à profiter des quelques heures de soleil qui offraient sous les frondaisons quelques rayons. Ceux-ci, bien que faibles après leur traversée des branches et des épines, éclairaient la couche de neige comme un miroir, et la lumière semblait jaillir du sol. Pourtant, dans les endroits les plus reculés, il existait des arbres millénaires ayants atteints des tailles gigantesques. Le soleil n’avait aucun pouvoir sur terres, où sa chaleur ne touchait jamais la terre. Ces arbres empêchaient leurs congénères de sortir du sol, et une centaine de mètre pouvait être parcourue à l’ombre d’un seul sapin. Seules poussaient les stalactites  et les stalagmites, crées par l’eau qui gouttait des branches. Souvent, les mages elfes enchantaient ces piques transparentes pour leur faire diffuser une douce lumière colorée, afin de rendre ces lieux sinon accueillants, au moins éclairés.

          Il existait des hectares entiers où la seule végétation visible consistait en de minuscules sapins un peu plus petits qu’un homme adulte, et qui s’empêchaient mutuellement par leur proximité de gagner en taille. La vue était alors dégagée sur plusieurs jets de lance, mais il etait difficile, sinon impossible de se baisser, ou de suivre les éventuels tracés que formaient certains aléas de la nature. C’est au pied de ces arbres que vivait la plupart de la faune et de la flore d’Atylwyth : renard, visons et lièvres profitaient de la proximité de petits lacs (la plupart du temps gelés) pour s’installer dans ces lieux.


          Effectivement, le chemin ne fut pas long, mais des plus éprouvants. Au bout d’à peine une demi-journée de marche, ils virent autre chose que le blanc de la neige et que le brun des troncs. Mais le chemin aurait pu être parcouru en bien moins de temps si les effets de l’hiver eternel  s’étaient tus. En effet, l’épaisse poudreuse atteignait presque les genoux et s’engouffrait dans les bottes. Les compagnons, mal équipés contre le froid, souffraient tous à des degrés divers : le danseur de guerre, presque uniquement couvert par son pagne, tremblait et claquait des dents. En revanche, les enchantements du tisseur de charmes le protégeaient  de la morsure du vent : un couple de belettes s’étaient glissées dans ses chausses et un gros renard lui servait d’écharpe (pour ce dernier, une paire d’yeux dans le vague témoignaient  d’une forte dose d’ensorcèlements). Hlaupa tentait d’aider Elior à se tirer d’un trou rempli de neige d’où le coursier peinait à se sortir quand il aperçut une tache colorée au milieu du paysage bicolore. Bien qu’ayant marché à peine quelques heures, il ne put s’empêcher de crier :

         « La sortie !là on y est ! Enfin !»

          La joie du garde sylvain sembla déranger une masse de poudreuse qui échoua par vengeance sur le dos d’Ignasia. Celle-ci, immobile un instant, fut aussitôt après l’origine d’un projectile glacé qui fusa, accompagné d’éclats de rires. Si Hlaupa évita la boule de neige en se jetant à terre, il ne put rien contre ses sœurs qui s’abattirent sur lui depuis les mains du forestier et de la dryade, qu’une bouffée de magie envoyée par l’enchanteresse avait tiré de l’engourdissement du froid. Une bataille enfantine en règle s’en suivit, et les belligérants dérivèrent peu à peu vers le bord des terres froides. Là, ils se regardèrent une seconde avant de repartir dans la neige afin de régler le conflit. Finiarel quand à lui, courut aussitôt après le cri du garde se rouler dans les feuilles mortes et plonger ses doigts dans la terre en grelottant des malédictions à l’attention du froid.

          Restée en arrière, Weldenmaela sourit en voyant ses compagnons s’amuser comme des enfants, se disant qu’il restait encore un peu de l’innocence joyeuse qui qualifiait, à ce que l’on racontait, les premiers elfes et les premiers esprits. Cependant, elle s’étonna de ne pas voire sa fille faire de même, elle qui s’était pourtant réjouît l’année passée, quand les flocons étaient arrivés sur Edur Edoc’sil. Il était aussi vrai que les derniers jours ne donnaient pas motifs à rire …

         « Aiedail ?

          Personne ne répondit. Elle se retourna et marcha, inquiète, en remontant les traces de pas du groupe.  Wyrdfell, voyant sa suzeraine  s’éloigner, la suivît à distance. Les deux débouchèrent assez vite sur une scène étrange : Aiedail se tenait droite, les yeux fermés, et semblait parler seule, mais voix trop basse pour être entendue. Le tisseur de charme tournait autour d’elle, à bonne distance, en psalmodiant lui aussi. À rythme régulier, il plantait brièvement son bâton dans la neige, et un souffle étrange semblait animer la poudreuse un court instant. Pendant quelques secondes, la chef du clan sembla perdue. Elle se préparait à intervenir quand Erisdar-Vodhr cessa son étrange manège et marcha vers elle, l’air fatigué et préoccupé.

         « - Que lui avez-vous fait !

- Ne vous inquiétez pas…

- Expliquez moi ça !

- J’ai simplement tissé…

- Vous avez osé pratiques de la magie sur ma fille !

- elle va bien, enfin j’espère…

- Vous « espérez » ?  Que…

- Écoutez-moi ! Coupa le sorcier, soudainement hors de lui. Quelque chose d’étrange tourne autour de votre fille, et je n’y suis pour rien ! Alors laissez moi vous expliquer ! Et dites au forestier de ne pas faire d’idiotie!

          Weldenmaela se retourna et aperçut Wyrdfell qui bandait un arc vers le tisseur de charme. Elle lui fit signe de baisser son arme, mais de rester proche.

- Parlez. Vite.

- Votre fille s’est soudainement arrêtée alors qu’elle marchait devant moi, et les vents de magie se sont emballés. Alors, par précaution, j’ai tissé ce sortilège.

- Quel sortilège ?

- Un tel changement dans les vents ne peut avoir que deux origines : Ou bien Aiedail vient de s’ouvrir à la magie, ou bien elle vient de se faire posséder par un esprit, étant donné le dialogue qu’elle semble avoir avec je-ne-sais-quoi, je penche pour la seconde option, hélas. D’où un enchantement de cette espace afin d’isoler votre fille le temps d’en apprendre plus.

- Un esprit ? L’étonnement se mêlait à l’incrédulité sur le visage de Weldenmaela.

- j’en ai hélas bien peur…

- C’est peu probable, interrompit le forestier qui s’était approché, C’est l’Ombre qui tourne autour d’elle.

- Comment ça, « l’ombre » vous voyez Uglu vous ? demanda le tisseur de charme, interloqué.

- Un peu, mais je suis incapable de l’utiliser. En revanche, là, difficile de le rater, c’est bien le vent de l’ombre, et il souffle fort !

- Et bien, dans ce cas…

- Que voulez-vous dire par « peu probable » demanda la chef du clan.

- Et bien, expliqua le tisseur de charme, les esprits manipulent le vent de la vie, voire plus rarement de la bête ou de la mort. Mais pas de l’ombre. Il faut donc envisager, Madame, l’autre hypothèse : qu’Aiedail est désormais, ou sera bientôt une magicienne. Quand à ce murmure, je n’en sais trop rien, peut-être un enchantement instinctif ? Mais rien à craindre, mes sorts sont puissants, nous sommes à l’abris.

          Weldenmaela s’assit sur un rocher, peinant à reprendre ses pensées en main. L’idée d’avoir une fille sorcière ne l’avait jamais effleurée, et elle ne savait pas comment réagir dans cette situation. Voyant ce moment de faiblesse, Wyrdfell courut chercher Ignasia qui arriva avec le reste de la compagnie. Ils furent rapidement mis au courant de la situation.

- Et bien… je pourrais l’instruire dans l’art de manipuler Uglu, proposa Finiarel en frissonnant, en parti à cause du froid, mais je ne sais pas si j’en aurais les compétences. D’autres que moi à Fyr Darric sont bien plus doués dans ce domaine, je pense.

          Personne ne dit rien pendant un moment, et le silence s’installa complètement quand le murmure d’Aiedail se tut, et que la petite princesse se mit à trembler alors que ses bras bougeaient lentement le long de son corps, mais personne ne bougea. Puis la chef du clan se leva et, d’une voix faussement assurée, elle déclara :

- Non, il ne faut rien lui dire. Elle en supporte déjà trop. Finiarel, quand vous – elle hésita un instant - prendrez le chemin du retour depuis Mont-des-chants, vous chercherez quelqu’un pour lui enseigner ce qu’elle doit savoir. D’ici là, pas un mot. Si d’autres signes se présentent, trop évidents, nous aviserons, mais d’ici là, pas un mot. C’est compris ?

- Je ne sais pas si c’est le mieux pour elle, madame, mais je suivrais cette consigne, c’est votre fille… répondit le sorcier, pendant que les autres semblaient hésiter encore.

- Vous désapprouvez ?

- Non, Je ne saurais quoi faire à votre place, mais il y a trop d’incertitudes. Je ne vois pas quoi faire d’autre dans cette situation… Comme vous l’avez dit, la petite Aiedail souffre déjà de trop de maux pour son âge. Je ferais comme vous avez dit.

- J’espère que c’est la bonne décision. Wyrdfell, je vous donne la consigne de rester près d’elle, vous donnerez l’alerte au cas où. Erisdar-Vodhr, il faudrait sans doute aussi que vous ne vous éloigniez pas trop. Que Loec et Isha nous gardent.

          Les autres répétèrent la bénédiction et repartirent monter le camp au delà de la neige, Hlaupa ayant repéré un ruisseau de l’autre coté d’un vallon non loin, du bon coté de la frontière. Weldenmaela, Ignasia et le restèrent sur place en attendant que Uglu se taise, et que Aiedail s’évanouisse, épuisée, comme souvent après une telle ouverture à la magie. Celle-ci se mit à osciller de droite à gauche de plus en plus vite, et les trois spectateurs se levèrent, prêts à intervenir. Alors, elle tomba dans la poudreuse. L’enchanteresse, plus proche, posa immédiatement sa main sur son front et se retourna pour rassurer les autres :

         - Elle s’est endormie. Elle devrait se réveiller dans la nuit. Nous devrions la mettre près du feu.

_________________
Ennemis de Loren
Retiens cette morale
Sache que notre haine
Pour toi n'a pas d'égale

Tes nombreux congénères
Se sont tous fait tuer
Et bientôt en enfer
Tu vas les retrouver
             

                   Ethgrì-Wyrda
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